Logistique céréalière : les conséquences de l’ouragan Ida sur les ports de Louisiane

L’ouragan Ida, qui a touché le golfe du Mexique au début du mois de septembre laisse derrière lui des séquelles sur les installations portuaires du delta du Mississippi, principale porte de sortie des céréales du pays.

Avec des vents d’une rare intensité, l’ouragan Ida qui a touché les États-Unis depuis la côte du golfe du Mexique jusqu’au nord-est du pays, va laisser des séquelles pour certaines filières. Lors de son passage sur la côte sud du pays, et notamment la Louisiane, Ida a causé de nombreux dégâts aux terminaux céréaliers.

Un terminal qui pèse 9% des exportations américaines

Les terminaux de Reserve, en Louisiane, appartenant au groupe Cargill, et ceux de Bunge dans les ports de Louisiane ont subi de tels dommages qu’ils ont dû suspendre leurs activités. Des travaux sont en cours pour remettre ces installations en ordre de marche. Or, les travaux pourraient prendre plusieurs jours, voire des semaines. Selon le USDA (US Department of Agriculture), ce terminal a traité, à lui seul, 9% des exportations de maïs, blé et de soja du pays.

Coupure d’électricité et difficulté de déplacement

Outre les dommages causés aux terminaux, l’approvisionnement de la région en électricité est devenu plus compliquée en raison des dégâts causés aux lignes électriques. De plus, selon certains médias américains, il faut compter avec les difficultés pour les personnels de se déplacer dans une région qui a été inondé et dont certaines routes sont détruites.

Des effets pour la campagne céréalière

Alors que la situation dans la logistique des céréales se complique avec un manque de navires sur certaines relations, la perte d’activité de ces terminaux pourraient compliquer la campagne céréalière américaine. Les ports de Louisiane pèsent lourd dans la supply chain céréalière. Selon le USDA, ils entrent pour 60% des exportations du pays.

Des alternatives de chargement

Dans un souci d’assurer les contrats, les exportateurs américains cherchent des alternatives. Pour Cargill, le choix s’est porté sur le terminal du port de Kalama, sur la côte ouest, dans l’État de Washington. Ces alternatives ne sont malgré tout pas extensible à l’infini.

Des répercussions pour les pays exportateurs

Le malheur des uns peut faire la fortune des autres. La Chine adopte aujourd’hui une position d’achat forte. Elle souhaite constituer des stocks pour se prémunir contre toute nouvelle pandémie ou crise qui en sortirait. Si les terminaux portuaires américains devaient suspendre leur activité sur une période plus longue, les autres exportateurs céréaliers comme le Brésil, l’Argentine, voire la France, la Russie et l’Ukraine pourrait renforcer leur présence auprès de Pékin. Déjà, sur la campagne passée, de juillet 2020 à juin 2021, la Chine s’inscrit parmi les principales destinations des céréales françaises.