Le Côte d’Opale entre dans la flotte de DFDS

Le 4 août, DFDS a baptisé son dernier navire, le Côte d’Opale dans le port de Calais. Un navire plus écologique avec une plus grande capacité. L’arrivée du Côte d’Opale intervient dans un moment où le trafic peine à repartir.

 

Le DFDS Côte d’Opale est entré en flotte le 9 août. Amarré au nouveau port de Calais, il est destiné à remplacer le DFDS Seaways. Après 30 ans de bons et loyaux services, le Calais Seaways quitte les liaisons entre Calais et Douvres. L’entrée en flotte du DFDS Côte d’Opale marque un tournant. Il a été vendu. « Le navire est vieux mais nous ne savons pas si le nouveau propriétaire l’exploitera encore ou l’enverra à la démolition », a indiqué le président de l’armement, Torben Carlsen.

Une capacité de 50% supplémentaire

« Ce navire sera plus écologique que son prédécesseur. Il transporta 50% de fret et de passagers en plus », a indiqué le président de l’armement. D’une longueur de 214 mètres de long, d’une capacité de 1 000 passagers et disposant de la plus grande boutique hors taxe de la Manche (1000m2), le Côte d’Opale a quitté Calais le 4 août à 21h45 pour rejoindre le port de Douvres aux environs de 23H15. Le navire assurera aussi des liaisons pour le fret. Il peut transporter jusqu’à 140 poids lourds pour chaque voyage.

Un navire sous pavillon français

Sous pavillon français, le Côte d’Opale accueille un équipage de 70 personnels, tous français. « DFDS soutient les normes sociales françaises », a précisé le président de l’armement. Peggy Bouchet, navigatrice qui a traversé l’Atlantique à la rame, a été choisie comme marraine du navire. Le navire a été construit dans les chantiers chinois de Jinling, appartenant au groupe China Merchants.

Une période compliquée

« Nous avons continué à assurer les services aux passagers et aux clients du fret pendant toute la crise sanitaire, tant en mer que sur terre. Nous pensions que l’été verrait le retour du trafic. Il n’en est rien », Torben Carlsen, président de DFDS. © H.D.

Le Côte d’Opale devait entrer en flotte en juillet. Un retard de livraison a repoussé la date d’entrée en flotte. Pour Torben Carlsen, la période n’est pas la meilleure. « Nous avons  continué à assurer les services aux passagers et aux clients du fret pendant toute la crise sanitaire, tant en mer que sur terre. Nous pensions que l’été verrait le retour du trafic. Il n’en est rien », a confié le président de l’armement.

Affrété pendant dix ans

Le navire a été commandé par le groupe Stena et sa filiale Stena Ro Ro, selon le même principe que Brittany Ferries. DFDS affrète pendant 10 ans ce navire. À la fin de son contrat d’affrètement, l’armement disposera d’une possibilité d’acheter le navire. « Il est prématuré de savoir ce que nous ferons dans dix ans. Notre flotte devra évoluer vers des navires dotés de motorisation à l’hydrogène, l’ammoniac ou d’autres énergies vertes. De plus, nous devrons changer une grande partie de notre flotte. Nous ne savons pas encore ce que nous ferons à la fin du contrat d’affrètement » Ce montage amène le président de l’armement à ne pas déclarer le prix du navire en l’état. Il donne malgré tout une fourchette du coût d’un tel navire entre 125 M€ et 150 M€.

Le fret a bien résisté

Du côté du fret, qui représente environ 85% du chiffre d’affaires de l’armement, le marché a été moins impacté. « Nous constatons une amélioration des volumes sur le Détroit du Pas-de-Calais », continue le président. Il explique cette progression par le maintien des rotations sur le Détroit quand ses concurrents ont réduit la voilure en raison de la crise sanitaire et du Brexit.

La ligne sur l’Irlande fonctionne bien

Une partie du fret du Détroit était destiné à l’Irlande, avant l’entrée en vigueur du Brexit en empruntant le Landbridge britannique. L’ouverture en janvier d’une liaison depuis Dunkerque vers l’Irlande a absorbé une partie du trafic qui empruntait au préalable les liaisons du Détroit. « Cette ligne sur l’Irlande a été créée rapidement au mois de janvier pour répondre à une demande. Depuis lors, nous offrons cinq départs par semaine. Il reste que de nombreux clients ont pris l’habitude d’utiliser cette liaison et ne semblent pas disposés à revenir sur la route du Landbridge britannique ».

Des nouvelles normes en 2022

En octobre, l’Union européenne et le Royaume-Uni devraient mettre en place de nouvelles normes d’échange. Des nouveautés qui entreront en vigueur en janvier 2022. Elles devraient assouplir les conditions de transfert des marchandises. Pour le président de DFDS, ces mesures doivent aussi être perçues dans la perspective de l acrise sanitaire qui semble perdurer.