Les corridors africains se tournent vers le ferroviaire

Le ferroviaire prend une importance grandissante ces derniers temps dans les dessertes terrestres en Afrique de l’ouest. Entre le Niger et le Nigéria et en RDC, ce mode connaît de nouveaux développements.

Le ferroviaire avance à grande vitesse en Afrique de l’ouest. Le 8 février, l’agence de presse Ecofin a annoncé le lancement des travaux de la ligne reliant Kano, au Nigéria, et Maradi au Niger. Le 9 février, le ministre des Transports du Nigéria, Rotimi Amaechi, a procédé à la pose de la première pierre de ce chantier.

Une ligne concédée à Mota Engil

Les travaux vont s’étaler jusqu’en 2023, date à laquelle la ligne sera ouverte. Les travaux de cette liaison ferroviaire ont été confiés à la société de BTP Mota Engil. Le groupe portugais de BTP est déjà présent dans de nombreuses opérations d’infrastructures en Afrique de l’ouest et de l’est.

Une option sur le trafic du Niger

La concession porte sur la construction des 284 km de la ligne ferroviaire. Cette ligne constituera l’artère principale. Une ligne secondaire reliera Dutse, capitale de l’État de Jigawa à Kano, au Nigeria. Avec la construction de cette ligne, le Nigeria prend une option sur le trafic du Niger. En effet, pays sans littoral, le Niger dispose d’un trafic important qui transite aujourd’hui en grande partie par le port de Cotonou. Cette ligne s’intègre dans un programme plus large qui comprend aussi les liaisons entre Kano et le port de Lagos.

RDC: 10 000 km de rails à construire et réaménager

Dans le même temps, en RDC, le consortium Congo Railways Development (CRD) a lancé les études de faisabilité pour relier les 26 provinces du pays, indique dans un article l’agence Ecofin. Mené par des intérêts allemands et congolais, cette société prévoit de construire et de réaménager 10 000 km de rails dans le pays.

Des pools de développement industriel

Les études de faisabilité sont prévues durer entre 6 mois et un an. Elles sont menées par la société allemande HPC (Hamburg Port Consulting). Outre la construction des voies ferrées, le CRD prévoit aussi de regrouper dans une seule entité les trois sociétés en charge de la gestion des 5000 km de voies existantes et de créer des « pools de développement industriel à partir du chemin de fer », continue Ecofin.

La digitalisation des opérations ferroviaires de la RDC

Avant même que les travaux soient entrepris, la Soget continue de se développer en RDC. Ayant déjà installé un guichet unique, Soget entreprend de digitaliser les flux ferroviaires du réseau du pays. Le module ferroviaire de la Soget démarre à Sakania, indique la directin de la société havraise. « C’est une montée en puissance de notre activité locale. Nous traitons les flux maritimes et terrestres dans le pays. Nous le ferons maintenant aussi pour le ferroviaire », indique Hervé Cornède, président du directoire de la Soget.

Le bénéfice, assure Hervé Cornède, est de participer à la dématérialisation de toutes les procédures et documentations liées au passage de la marchandise qui offre une traçabilité accrue et la transparence des opérations du commerce extérieur congolais. L’installation à Sakania représente une première étape. La Soget envisage des développements avec la liaison ferroviaire avec le nouveau poste frontalier de Kasenga puis le lancement du module fluvial pour la liaison Brazzaville-Kinshasa.