Mærsk : un troisième trimestre record

Les résultats financiers du groupe Mærsk affichent un record sur le troisième trimestre. Les trois principales divisions du groupe impliquées dans le transport, le maritime, la logistique et les terminaux sont en progression.

Le contraire aurait été impressionnant. En présentant les résultats financiers pour les trois premiers trimestres de l’année, le président de Mærsk, Soren Skou, a souligné que ce trimestre se présente « encore » comme un record. Et pourtant, la situation mondiale de la conteneurisation reste compliquée avec des congestions portuaires.

Devenir un véritable intégrateur

Ces embouteillages en Amérique, Asie et parfois Europe n’a pas érodé la demande des consommateurs. « Nous avons continué à accroître nos capacités et étendre nos offres pour assurer le transport des biens de nos clients. Pour apporter un service à nos clients dans leurs besoins d’une logistique complète et pour alléger les contraintes, notre stratégie pour devenir un véritable intégrateur avec des services maritimes plus stables, améliorer nos offres logistiques et en nous reposant sur des terminaux automatisés et efficaces ».

Un chiffre d’affaires en hausse de 51,9%

Sur les neufs premiers mois de l’année, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires global de 43,2 Md$, en hausse de 51,9%. En franchissant la barre des 16 Md$, l’Ebitda du groupe enregistre une progression de 191%. Enfin, l’Ebit s’établit à 13 Md$, en augmentation de 403,1%. Des chiffres qui donnent le vertige. Les principales divisions transport du groupe s’inscrivent dans la même veine avec des progressions.

Lignes maritimes: hausse des revenus et baisse des volumes

Ainsi, les lignes maritimes enregistrent une augmentation de 60% de leur chiffre d’affaires à 33,6 Md$, pour les trois premiers trimestres. L’Ebitda est propulsé vers le haut avec une hausse de 225% à 14,09 Md$, sur la même période. Des chiffres qui sont tirés par un marché en pleine dynamique. Sur le troisième trimestre de cette année, les volumes transportés affichent une légère baisse. En effet, avec 6,4 MEVP transportés au cours des trois mois de juillet à septembre, Mærsk voit ses volumes perdre 0,6%.

Première comparaison avec le rebond de 2020

Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce léger retrait. En premier lieu, les congestions portuaires dans de nombreux ports ont reporté bon nombre de transports sur les derniers mois de l’année. D’autre part, les chiffres de l’été 2021 sont à comparer avec ceux de l’été 2020 au cours duquel les premiers signes de la croissance se sont révélés.

Taux de fret: une hausse moyenne de 86,5%

Quant aux taux de fret, ils ont enregistré une croissance tout au long des neufs premiers mois. Ils sont restés à des niveaux élevés pendant les trois mois du troisième trimestre. Les taux de fret moyen des lignes de Mærsk s’établissent à 3 561$/FEU, en augmentation de 86,5%. La plus forte progression de ces taux s’est matérialisée sur les lignes Nord/Sud du groupe. Elles progressent de 85,5% à 4 419$/FEU. Le taux moyen sur les liaisons Est/Ouest ont augmenté de 84% à 3 670$/FEU.

Terminaux: dynamisme en Amérique du Nord et du Sud

L’activité manutention du groupe s’inscrit dans la lignée de la division maritime. Sur les trois premiers trimestres, la division Terminals du groupe a vu son chiffre d’affaires progresser de 24,5% à 3,4 Md$. L’Ebitda suit la tendance en augmentant de 47% à 1,2 Md$. Dans son rapport financier trimestriel, le groupe attribue ces bons résultats de la division au dynamisme économique mondial en Amérique du Nord, en Europe et en Asie. La croissance des activités du trafic de conventionnelles dans les terminaux d’Amérique Latine ont largement participé à cette hausse.

Hausse du nombre de mouvements

La bonne santé financière de cette division tient aussi à une hausse du nombre de mouvements. Au cours du troisième trimestre, le groupe a réalisé 3,2 millions de mouvements, soit 9,6% de plus que la même période en 2020. L’Asie arrive en tête avec une augmentation de 18,9% des volumes à 600 000 mouvements. L’Amérique du Nord et l’Amérique Latine, avec respectivement 900 000 mouvements et 600 000 mouvements, ont vu leur activité progresser de 13,2%. L’Europe reste dans la moyenne avec une hausse de 9,9% à 600 000 mouvements quand l’Afrique et le Moyen-Orient perdent 9,2% à 500 000 mouvements.

L’avantage e la congestion portuaire

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, la division Terminal de Mærsk profite de la congestion portuaire qui sévie dans certains ports, et ralentie la progression des lignes maritimes. Avec une augmentation de la demande, les terminaux voient le nombre de manutentions augmenter rapidement. Or, les difficultés pour les opérateurs d’évacuer les conteneurs obligent les manutentionnaires à facturer des jours de parking dans les terminaux. Des frais qui viennent alimenter les revenus de cette division.

Logistique: croissance de 28% des volumes traités

Enfin, la division logistique du groupe n’est pas en reste. Elle a vu son chiffre d’affaires progresser de 39% à 6,8 Md$ sur les neufs premiers mois. L’Ebitda s’envole de 132,4% à 688 M$. Une hausse que le groupe attribue à une plus grande utilisation des services intermodaux et notamment par les clients des lignes maritimes. Un recours qui se traduit par une augmentation des volumes traités par la filiale. Avec un volume de 70,1 Mm3, la division logistique de Mærsk enregistre une progression de 28%, grâce au rebond économique d’après la crise sanitaire mais aussi à des nouvelles affaires. Cette division devrait connaître, en 2022, de nouveaux développements si l’acquisition de Senator International se réalise.