Manutentionnaires espagnols : un plaidoyer pour une meilleure compétitivité portuaire

Le 29 janvier, Anesco, représentant la partie patronale des manutentionnaires espagnols, a alerté le gouvernement de Madrid sur le besoin de revoir le système fiscal national.

Le secteur portuaire a souffert comme de nombreuses autres filières des effets de la crise sanitaire. En Espagne, le patronat de la manutention portuaire a alerté le gouvernement sur le système fiscal. Il a écrit à Puertos del Estado, administration portuaire nationale, pour une « nouvelle formulation des taxes et des bonifications pour améliorer la compétitivité du secteur », indique un texte d’Anesco.

Prendre en compte le point de vue des opérateurs privés

Dans son texte, Anesco demande l’établissement de processus participatifs « afin que les apports des opérateurs privés de manutention dans les ports prennent en compte les décisions des investissements publics. » Un sujet que les manutentionnaires français, regroupés sous l’UMPF en France, défendent depuis plusieurs mois.

Revoir le type de prélèvement de la taxe d’occupation

Concernant les taxes et les bonifications, Anesco reconnaît la bonne intention en réduisant les taxes demandées au titre de Puertos del Estado. Les entreprises de manutention espagnoles appellent à revoir le type de prélèvement de la taxe d’occupation sur le domaine public portuaire des terminaux tout comme la taxe d’activité, « pour disposer d’une concurrence équivalente avec les autres pays maritimes voisins », continue Anesco.

Des bonifications pour le verdissement de la manutention

Les bonifications que reçoivent les opérateurs de terminaux doivent aussi être réévalués. Les adhérents de Anesco souhaitent que des réductions fiscales prennent en considération la réduction de l’empreinte carbone. Ce point ne devrait pas s’estimer sur une année, selon les membres d’Anesco, mais des périodes plus longues « pour que les entreprises aient un retour sur les investissements réalisés ».

Faire entrer la voix des opérateurs portuaires dans les ports

Enfin, les entreprises de manutention espagnoles souhaitent être une voix participative dans les investissements décidés par l’État. « Il est nécessaire que les investissements réalisés par les autorités portuaires soient adéquation avec les nécessités du moment », argumentent les manutentionnaires espagnols. Ils critiquent les autorités portuaires qui ont réalisé des surinvestissements. « Ils sont préjudiciables pour les ports, limitent l’autofinancement et ont des effets sur les taxes », continue Anesco.

Optimiser l’espace portuaire

Enfin, les manutentionnaires appellent à une optimisation de l’espace portuaire. « Il est nécessaire de mettre l’accent sur le taux de rendement des espaces portuaires actuels avant d’envisager de nouveaux investissements », souligne Anesco. La feuille de route portuaire, présentée par Puertos del Estado, pour une stratégie à 2030 doit revoir certains points dont :
• La révision du cahier des charges des concessions portuaires ;
• La numérisation et l’agilité administrative ;
• Le développement de l’accès ferroviaire ;
• La présence accrue des opérateurs privés dans les instances de décision des ports ;
• Le renforcement de l’Observatoire comme outil de suivi de la libéralisation de la manutention.