Marseille-Fos : l’Union maritime et Fluviale veut des investissements pour faire croître le trafic

L’Union maritime et Fluviale, regroupant les acteurs de la place portuaire du GPM de Marseille-Fos, a tenu sa conférence de presse de rentrée. Elle milite pour le développement au travers d’investissements sur les Bassins est, la liaison routière de Fos et sur le ferroviaire.

Le Grand port maritime de Marseille-Fos a su garder la tête hors de l’eau pendant les mois difficiles de 2020. « Nous avons vécu une année horrible, a souligné le président de l’UMF (Union maritime et fluviale), Jean-Claude Sarremejeanne. Ces conditions n’ont pas empêché la communauté portuaire à travailler. C’est au travers de ces crises que les places portuaires ont démontrer leur utilité ». La direction de l’UMF a rappelé les grands débats au niveau national sur la stratégie portuaire nationale et la gouvernance.

L’avenir des bassins est

Touché par les effets de la pandémie comme ses concurrents, le GPM de Marseille-Fos veut rester dans la course. Plusieurs sujets restent d’actualité pour permettre au port phocéen de garder sa position en Méditerranée. Le premier thème abordé concerne l’avenir des bassins est. « Cette partie du port est dédiée en grande partie aux trafics rouliers. Or, nous avons besoin d’investissements pour adapter nos quais aux nouveaux navires », a souligné Jean-François Suhas, président du conseil de développement du GPM.

La révolution du roulier en Méditerranée

Un sujet qui ne date pas d’aujourd’hui. Déjà, lors du précédent Projet stratégique du GPM, cette question a été évoquée. Des investissements ont été prévus. Ils n’ont pas été réalisé. Et pour le président du conseil de développement aussi pilote maritime, les navires rouliers affichent aujourd’hui des dimensions allant jusqu’à 230 m voire 250 pour certains. Les conditions nautiques actuelles rendent l’accès aux quais difficile. « Nous n’avons pas su prendre le train de la révolution des navires rouliers de grande taille. Ces unités se développent dans l’est de la Méditerranée. Nous devons nous inscrire dans ce changement », a souligné le vice-président de l’UMF, Stéphane Salvetat.

Un investissement de 60 à 80M€

Permettre à ces rouliers de 230 m de long d’entrer dans les bassins est du port signifierait, selon l’UMF à une enveloppe de 60M€ à 80M€. « Nous souhaitons que le GPM prévoit un phasage de ces travaux pour réaménager les quais. Autour du Bassin Pinel, nous pouvons prévoir des espaces pour ces trafics », continue le président de l’UMF. Pour démontrer de l’utilité de passer à des quais de plus grande taille, l’UMF a annoncé le démarrage d’une étude approfondie sur ce sujet. « Nous avons besoin de montrer l’intérêt de ces travaux », a confirmé Marie-Hélène Pasquier, déléguée générale de l’UMF. Un cabinet d’étude a commencé le 4 janvier ses analyses. Il proposera des préconisations pour que l’infrastructure colle au marché. Les résultats sont attendus pour le mois de février.

Raccorder Fos au système autoroutier français

Par ailleurs, la communauté portuaire marseillaise plaide en faveur du raccordement des terminaux au réseau autoroutier. « Nous avons, sur nos terminaux, les plus grands portiques du monde et nous ne sommes pas connectés au réseau autoroutier », rappelé le président de l’UMF. Déjà, en septembre, l’UMF a alerté sur l’importance de la liaison entre Fos et Salon de Provence. « Attendu depuis 50 ans, confirmé comme prioritaire par le Conseil d’Orientation des Infrastructures en 2018 et inscrit dans la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM) en 2019, ce projet doit enfin aboutir. Le débat doit porter essentiellement sur les options, les choix d’aménagement et les besoins du territoire », indique le Cahier de l’UMF.

Un trajet de 30 km avec neuf giratoires

En effet, entre les terminaux de Marseille-Fos et les autoroutes A54 et A7, les camions doivent réaliser un trajet de 30 km sur une route départementale avec le franchissement de neuf carrefours giratoires. Pour les responsables de l’UMF, ce projet est devenu une nécessité pour le développement du port et notamment des bassins de Fos.

Ferroviaire: le contournement de Lyon

Autre sujet majeur de la place marseillaise pour son développement, la connexion ferroviaire avec le réseau national. Jusqu’en 2020, le ferroviaire a pesé 15% des dessertes terrestres. Le développement commercial du port passe par une meilleure connexion avec l’hinterland du port. Pour le vice-président de l’UMF et directeur de LAM France, Stéphane Salvetat, le ferroviaire doit se concevoir sur toute la ligne. « L’État doit avoir une vision nationale de ce mode de transport. Il est nécessaire de pouvoir disposer d’un contournement de la métropole lyonnaise pour relier l’Europe du nord », indique le vice-président de l’UMF.

Lyon-Turin: ne pas aspirer les trafics phocéens

Les professionnels de la place portuaire marseillaise ne veulent pas faire les frais d’un investissement français sur le Lyon-Turin au détriment du port de Marseille-Fos. Ils craignent que cette liaison vers le nord de l’Italie « aspire » des trafics vers les ports de Ligurie. Autre sujet ferroviaire pour le port phocéen, la création d’une connexion avec le port allemand de Duisbourg. Cette liaison avec le port rhénan constituerait un atout pour relier le GPM de Marseille-Fos aux nouvelles routes de la Soie. « C’est en agrandissant notre hinterland que le port verra ses trafics croître », a insisté Stéphane Salvetat.