Pétrole : la moitié des réserves prouvées sont dans le golfe Persique

Dans son rapport annuel sur l’énergie le groupe BP a dévoilé le volume des réserves pétrolières prouvées. Elles se situent pour la moitié dans des pays du golfe Persique.

Le rapport statistique annuel du groupe BP dresse un constat des réserves énergétiques dans le monde. Il prend en compte, pour le pétrole, l’ensemble des réserves prouvées, à savoir celles dont les scientifiques peuvent assurer qu’elles donneront une production.

1 733 900 millions de barils de réserve

Le bulletin statistique du groupe pétrolier évalue les réserves pétrolières mondiales à 244 600 Mt dans le monde, soit 1 733,9 milliers de millions de barils. Des chiffres qui sont évalués à la fin de l’année 2019. En un an, le volume de ces réserves a perdu 0,1%.

Baisse des réserves en 2019

Une baisse sur un an mais une progression de 13,2% sur la dernière décennie, soit depuis 2009. À prendre encore plus en amont ces chiffres, la progression des réserves pétrolières prouvées s’évalue à 35,8%. Ainsi, pour les optimistes, il reste suffisamment de pétrole pour les années à venir. Les plus pessimistes verront un cap passé. Cette baisse des réserves peut être un signe de l’épuisement de la ressource.

48% dans le golfe Persique

Graphique réalisé selon les données du Statistic Review de BP.

À fin 2019, la majorité des réserves pétrolières prouvées se situent dans le golfe Persique. Les pays de cette région regroupent à eux seuls 48,1% du potentiel à extraire. La plus grande partie des ressources pétrolières se retrouvent en Arabie Saoudite. Ce pays dispose à lui seul 17,2% de ces réserves. D’une année sur l’autre, l’Arabie Saoudite conserve son importance avec une part stable. Il faut revenir à 1999 pour voir la part de ce pays dépasser les 20%.

L’Iran dispose d’un potentiel de 155 600 M de barils

Quatre autres pays de la région du Golfe Persique suivent. Ainsi, l’Iran dispose de 155 600 millions de barils de réserves prouvées. Il est devenu au cours des deux dernières décennie le second pays de la région. Ces réserves peuvent devenir, dans un proche avenir, une monnaie d’échange contre la levée des sanctions. L’Irak suit avec 145 000 millions de barils de réserves. Ensuite, le Koweït entre dans le podium des suivants avec 101 500 millions de barils. Enfin, le quinté de la région se termine avec les Émirats Arabes Unis qui disposent de 97 800 millions de barils de réserves.

Le Venezuela, premier pays d’Amérique du sud

La seconde région avec les réserves prouvées les plus importantes se retrouvent en Amérique centrale. Les pays de ces continents disposent de 18,5% de ce potentiel. Néanmoins, le Venezuela emporte la majeure partie de ces réserves avec 303 800 millions de barils, soit 17,5% du total mondial. Les autres pays ne dépassent guère 0,1%.

Les sables canadiens

En Amérique du Nord, les réserves pétrolières s’évaluent à 244 400 millions de barils, soit 14,1% du total mondial. Le Canada reste le principal pays disposant de pétrole avec 169 700 millions de barils, soit 9,8% du total mondial. Le décompte réalisé par BP ne prend pas en compte les sables bitumineux du Canada qui représentent 26 400 millions de barils dont 3 300 millions sont d’ores et déjà en exploitation. Les États-Unis restent derrière avec des réserves évaluées à 68 900 millions de barils, soit 4% du volume total.

Une production décorrélée des réserves

Les réserves ne coïncident pas toujours avec les réserves prouvées. Ainsi, les pays du golfe Persique ont produit 31,9% du pétrole dans le monde en 2019. L’Arabie Saoudite voit sa place de première puissance pétrolière du monde prise par les États-Unis. En effet, en 2019, le pays de l’Oncle Sam a produit 17 M barils/j, soit 17,9% du volume pétrolier mondial. Pour sa part, l’Arabie Saoudite se retrouve en seconde position avec 12,4% de la production mondiale, soit 11,8 M barils/j. Elle se retrouve à égalité avec la Russie qui amène sur le marché 12,1% du volume mondial à 11,5 M barils/j.

L’Iran et l’Iraq en bas de tableau

Dans le même temps, les sanctions économiques à l’encontre de l’Iran et de l’Iraq ont mis un terme à leur capacité productive. Le premier produit 3,7% du volume total à 3,5 M barils/j. Le second a produit 4,7 M barils/j en 2019, soit 5% du volume mondial.

L’Afrique a produit 8,8% du volume mondial total

L’Afrique reste un continent producteur important avec un volume total du continent de 8,8% à 8,3 millions de barils/j. En Afrique du Nord, l’Algérie et la Libye restent les principaux producteurs de pétrole du continent. Dans l’ouest, le Nigéria et l’Angola tirent le continent vers le haut. Les projets pétroliers en cours de développement dans des pays comme la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Sénégal et le Mozambique pourraient amener la production pétrolière africaine progresser.

Des réserves qui sont à progresser dans l’avenir

En effet, l’Afrique dispose de réserves pétrolières non négligeables. Avec 125 700 millions de barils, le continent dispose de 7,2% du potentiel mondial. Deux pays se partagent la plus grande partie de ces volumes : la Libye et le Nigéria. En Afrique du Nord, la Libye dispose de 48 400 millions de barils de réserves. Une manne pour laquelle les deux opposants du pays se battent. Quant au Nigéria, il a dans son sous-sol 37 000 millions de barils.