Port de Lamu : une inauguration avec le corridor du Lapsset en filigrane

Le port de Lamu a reçu le 20 mai les premiers navires. Un démarrage d’activité qui ouvre de nouvelles perspectives logistiques pour les pays de la région avec le Lapsset.

Le port de Lamu est devenu opérationnel le 20 mai. Le président du Kenya, Uhuru Kenyatta, est venu lancer officiellement les premières opérations du nouveau port kényan. Le port de Lamu est opérationnel depuis le mois de janvier quand les travaux ont été terminés.

Une inauguration dans les temps

Le 20 mai, lors de l’inauguration, le président de la République du Kenya a rappelé que le pays a tenu ses engagements. « Lorsque j’ai visité le port de Lamu le 9 décembre avec le premier Ministre de la République démocratique d’Éthiopie. Je lui ai fait le serment, ainsi qu’à tous les pays voisins, que le port de Lamu serait opérationnel dans les six prochains mois. Je suis fier que nous avons tenu notre engagement en inaugurant le quai n°1 ».

Un linéaire de quai de 400 m à 17,5 m de tirant d’eau

Le premier quai du port de Lamu se compose d’un quai de 400 m linéaires avec un espace de 800 m en arrière du quai. Il dispose d’un tirant d’eau de 17,5 m. Il offre une capacité de 4 394 EVP sur une hauteur et 13 182 EVP sur trois hauteurs. L’autorité portuaire prévoit de rendre ce terminal entièrement automatisé.

L’ouverture sur le Lapsset

L’inauguration de ce port va au-delà du simple port. Il ouvre la voie vers le corridor Lapsset (Lamu Port – South Sudan – Ethiopia Transport Corridor). Ce projet inter-régional comprend, outre le port de Lamu, une autoroute desservant le Sud Soudan (Juba) et l’Érythrée (Addis Abeba). Une voie ferrée entre la capitale érythréenne et le port de Lamu complètera ce corridor. De plus, deux pipe-line vers le Sud Soudan permettront d’exporter la production soudanaise.

Un port doté de 32 quais

Au final, le port de Lamu devrait disposer de 32 quais pour traiter toutes les filières. Le terminal à conteneurs du port de Lamu a vocation à devenir un hub vers la Tanzanie, le Mozambique et les îles de l’océan Indien de Madagascar, des Seychelles et des Comores. Une stratégie que le président de la République a confirmé dans son allocution. « Étant un des ports profonds de la côte orientale d’Afrique, le port de Lamu a la capacité à devenir un hub pour tout le continent. Bien plus, en rejoignant le port de Mombasa, il renforce la capacité du Kenya à devenir une porte d’entrée et de sortie pour l’hinterland ».

Un outil logistique majeur

Pour le président de la République, ce port doit devenir un outil logistique régional majeur. « Ce port et le corridor Lapsset font partie du Kenya Transport and Logistic Network (le KTLN). « Le KTLN doit relier les ports au réseau ferroviaire et de pipe-line vers le nord du pays, l’Éthiopie, le Sud Soudan avec en ligne de mire finale Dakar au Sénégal ».

Mombasa et Lamu complémentaires

Le président du KTLN,  John Ngumi, a souligné, lors de cette inauguration que “les ports de Mombasa et de Lamu ne seront pas concurrents mais complémentaires. L’étendue des affaires est étonnant avec ce port. Nous sommes dans une dynamique pour réduire le coût des affaires et augmenter la vitesse et l’efficacité de nos échanges”.

De nouveaux circuits logistiques

Pour les pays de la sous-région, l’ouverture de ce port pourrait modifier sensiblement les schémas logistiques dans les prochaines années. L’Éthiopie a déjà diversifié ses circuits logistiques en utilisant les ports érythréens d’Assab et de Massawa tout en conservant une partie de ses importations par le port de Djibouti. L’ouverture du port de Lamu ouvre de nouvelles possibilités.

Assurer la sécurité

Il reste une critique à lever. La proximité du nouveau port de la frontière somalienne et des tentatives des groupes Al Shabaab, proche d’Al Qaeda, d’intervenir sur le sol kényan pourrait ralentir les velléités de l’autorité portuaire de se développer. L’attaque au Mozambique a montré que la sécurité et l’activité portuaire ont besoin de vivre en bon ménage.