Ports : Anvers et Rotterdam affichent une croissance au premier trimestre

Les trafics de Rotterdam et Anvers sur le premier trimestre affichent un retour de la croissance. L’effet Ever Given n’est pas encore entièrement passé.

Les résultats de trafics du premier trimestre commencent à paraître. Rotterdam et Anvers ont été les premiers à dégainer. Les chiffres annoncés montrent le retour à une situation plus conforme à ce qu’elle a été l’an passée.

Rotterdam augmente, Anvers se stabilise

Le port de Rotterdam reprend des couleurs avec une hausse de 3% à 112,3 Mt sur les trois premiers mois de l’année. Pour sa part Anvers se stabilise avec 59,1 Mt. Au premier trimestre 2020, les résultats étaient inversés. Anvers a affiché une croissance de 4% quand le port de Rotterdam a perdu 9,3%.

Trafics du port d’Anvers au premier trimestre 2021

Courant Trafic en 1000 t Évolution
Vracs solides 3 400 6,7%
Vracs liquides 16 400 -5,0%
Diverses 3 220 23,1%
dont conteneurs en 1000 EVP 3 100 2,3%
dont conteneurs en 1000 t 36 100 0,6%
Trafic total 59 120 0,0%

 

Rotterdam n’a pas entièrement récupéré ses pertes de 2020

Globalement, l’analyse diffère selon la position sur les rives de l’Escaut. Du côté belge, en stabilisant son trafic à 59,1 Mt, le port d’Anvers réussi à conserver ses parts de marché gagné pendant qu’en France grèves et pandémie sévissaient. Depuis l’autre rive du fleuve, Rotterdam a su reprendre des couleurs et mettre quelques longueurs avec son concurrent direct. Ce retour de croissance à Rotterdam ne doit pas cacher les difficultés rencontrées. Le port néerlandais n’a pas entièrement rattrapé les tonnages perdus au premier trimestre 2020. En effet, les chiffres du premier trimestre 2021 enregistrent une diminution de 6,5% par rapport à ceux de 2019.

Trafics du port de Rotterdam au premier trimestre 2021

Courant Trafic en 1000 t Évolution
Vracs solides 18 382 9,8%
Vracs liquides 52 082 3,4%
Diverses 7 661 4,0%
dont conteneurs en 1000 EVP 3 709 4,5%
dont conteneurs en 1000 t 37 667 -0,7%
Trafic total 115 792 3,0%

Vracs secs: charbon à Rotterdam et fertilisants à Anvers

À Rotterdam, l’ensemble des trafics sont en progression. Les vracs secs gagnent 9,8% à 18,3 Mt. Ils sont tirés par le charbon qui voit ses flux augmenter de 25,2% à 5,6 Mt. La reprise de la sidérurgie en Europe a pesé. Seuls les trafics agroalimentaires accusent un repli. La même tendance s’inscrit dans les trafics du port d’Anvers avec une hausse de 6,7% à 3,4 Mt. Les fertilisants ont tiré ce courant avec une progression de 40% quand les ferrailles et les minerais non ferreux accusent un repli.

Pétrole et GNL plombent les vracs liquides

Du côté des vracs liquides, le port de Rotterdam enregistre une progression globale de 3,4% à 50 Mt. Une croissance permise par les bons résultats des produits pétroliers qui augmentent de 19,7% à 16,9 Mt. Les autres flux de cette filière, notamment le pétrole brut et le GNL perdent de leur volume. À Anvers, la situation est plus compliquée. Le port scaldien enregistre une baisse de 5% des vracs liquides à 16,4 Mt. Les baisses de trafic de pétrole brut et des produits dérivés ont poussé vers le bas ces trafics. La bonne marche des produits chimiques n’a pas compensé ces baisses.

Anvers: meilleur score depuis 2019 sur les conventionnelles

Enfin, sur les diverses, les deux ports rivalisent toujours. Qu’il s’agisse de trafics conventionnels, de roulier et de conteneurs, les deux ports affichent des croissances. Anvers réalise sur les trois premiers mois de l’année son meilleur trimestre depuis 2019. Les trafics d’acier sont en nette progression avec une augmentation de 18,2%. Les nouveaux quotas imposés depuis le 1er avril ont amené les importateurs à constituer des stocks au cours du premier trimestre. Le roulier progresse de 3,3% à 1,2 Mt.

Sur le port de Rotterdam, les conventionnelles voient leur volume augmenter de 4% à 7,6 Mt. Le roulier s’inscrit dans la même tendance qu’Anvers avec une hausse de 3,4% à 6,1 Mt. Les autres trafics ont progressé grâce, entre autres, à la demande plus élevée en acier.

Conteneurs: un écart de 600 000 EVP entre les deux ports

Le trafic conteneurs a maintenu la croissance de ses trafics sur les trois premiers mois de l’année. Rotterdam a vu ses flux conteneurisés augmenter de 4,5% à 3,7 MEVP. Anvers progresse de 2,3% à 3,1 MEVP. Avec la baisse de trafic enregistrée à Rotterdam l’an passé pendant le premier trimestre et la hausse continue des trafics d’Anvers, l’écart entre les deux ports reste identique à 600 000 EVP.

Rotterdam perd en tonnage conteneurisé quand Anvers gagne

La différence entre les deux ports sur ces trafics conteneurisés se fait notamment sur le tonnage. Alors qu’à Rotterdam, le tonnage des trafics conteneurisés est en baisse de 0,7% à 37,6 Mt, celui d’Anvers augmente de 0,6% à 36,1 Mt. Sur ce point l’écart se resserre entre les deux ports. Rotterdam explique cette baisse du trafic en tonnage pour deux raisons. D’une part, le nombre de conteneurs vides a largement augmenté. D’autre part, les conteneurs pleins ont vu leur poids moyen baisser.

Crise logistique: ne pas acheminer les conteneurs trop tôt

Ce trimestre a aussi mis en exergue les difficultés des trafics conteneurs en Europe. Le manque d’équipements qui sévit depuis l’été 2020 et le blocage pendant six jours du canal de Suez pèsent sur ces flux. Du côté d’Anvers, le port attend dans les prochains jours à un afflux de navires. « Nous sommes attentifs à ces évolutions », indiquent les responsables du port. Ainsi, l’autorité portuaire demande de ne pas acheminer les conteneurs trop tôt dans le port pour disposer d’un espace. « Nous regardons comment optimiser le stockage des conteneurs en utilisant plus massivement la voie d’eau et le ferroviaire », continue le port scaldien.

Ever Given: des impacts attendus jusqu’au deuxième trimestre

Aux Pays-Bas, le blocage de l’Ever Given et la pénurie d’équipements préoccupe tout autant la direction du port de Rotterdam. Après la crise sanitaire du premier trimestre 2020, le rebond économique a créé des perturbations dans les chaînes logistiques. La vague de froid du mois de février a eu un impact négatif sur la manutention des conteneurs et les effets continuent en mars. Quant au blocage du canal de Suez, il pourrait avoir des impacts jusque pendant le deuxième trimestre.