Sica Atlantique : une année 2020 à deux visages

Sica Atlantique a réalisé en 2020 un exercice particulier avec un premier semestre exceptionnel et un second semestre au plus bas. La campagne 2021/2022 s’annonce plus positive.

Sica Atlantique ne calque pas son exercice fiscal sur les campagnes céréalières mais plutôt sur l’année civile. Ainsi, en 2020, le bilan annuel présente deux visages opposés. Le premier semestre correspond à la fin de la campagne 2019/2020. Le deuxième semestre s’étale sur la première moitié de la campagne 2020/2021.

Deux campagnes opposées

Deux campagnes pour un exercice fiscal avec des différences notables. « De janvier à juillet, soit la campagne céréalière 2019/2020, nous avons réalisé un record dans nos trafics grâce à la bonne récolte. Sur la seconde partie de l’année, les choses se sont inversées en raison d’une campagne compliquée », nous a confié Vincent Poudevigne, directeur général de la Sica Atlantique.

Des exportations en forte baisse

En effet, sur le second semestre, soit le début de la campagne céréalière 2020/2021, le niveau des exportations a été catastrophique. « Nous n’avions pas connu de chiffres aussi bas depuis la campagne 1994/1995 », continue le directeur général. Au global, cette campagne s’établirait en baisse de 50% par rapport à la précédente, qui a été exceptionnelle.

Un trafic de 2,1 Mt

Sur l’ensemble de l’exercice, la Sica Atlantique a réalisé un trafic de 2,1 Mt. La quasi-totalité de ces flux se sont réalisés au départ des silos du GPM de La Rochelle. Les installations gérées par la Sica à Tonnay Charente ne pèsent que 6% des trafics.

1,2 Mt de blé tendre

Le trafic 2020 de la Sica Atlantique en 2020 concerne principalement des blés tendres. Ils entrent pour 1,2 Mt. Les orges entrent pour 440 000 t, les flux de blés durs concernent 200 000 t et le maïs a atteint 75 000 t. Pour compléter, Sica Atlantique a traité 225 000 t en import.

Des exportations vers les pays tiers

Le groupe rochelais exporte 82% de ses céréales vers les pays tiers. Les pays membres de l’Union européenne entrent pour leur part à hauteur de 18%. En 2020, la principale destination des flux de la Sica Atlantique ont pris la mer en direction de la Chine. L’Empire du milieu, à l’appétit aiguisé, a réceptionné 685 000 t au départ des silos rochelais.

Afrique de l’Ouest, Maghreb et Arabie Saoudite

La seconde destination des flux de la Sica Atlantique a concerné l’Afrique de l’Ouest avec 475 000 t. Viennent ensuite le Maghreb avec 295 000 t et l’Arabie Saoudite avec 165 000 t. Les trafics destinés aux pays de l’UE se sont dirigés surtout vers l’Italie (95 000 t), le Royaume-Uni (70 000 t, encore dans l’UE sur l’exercice) et La Réunion (65 000 t).

Le ferroviaire, mieux que la normale

Les approvisionnements de la Sica Atlantique se réalisent majoritairement par voie ferroviaire, à hauteur de 70%. Et pourtant, au cours de l’année passée, le directeur général du groupe a craint des perturbations liées à la crise sanitaire. « Pendant une dizaine de jours, nous avons craint une interruption des services. La SNCF a su réagir rapidement face à la crise pour assurer les trafics fret », continue le directeur général. Une partie du personnel a été affecté à la division fret face à la baisse d’activité du transport de passagers. « Au final, nous avons connu une situation que nous pourrions qualifier de mieux que la normale dans les approvisionnements ferroviaires ».

Une gestion précise de la crise sanitaire

Parce que cet exercice fiscal a eu la particularité de connaître la crise sanitaire la plus grave de ces dernières décennies, la Sica Atlantique a dû être au rendez-vous. « Les céréales font partie des premières nécessités pour la planète qu’il a fallu continuer d’alimenter. Notre filière agricole performante nous a permis de répondre à la demande et d’éviter d’être touchée trop fortement par la crise ».

Conserver son activité par des temps de restriction de déplacement a nécessité une organisation précise. Avant même que la crise se déclenche en mars 2020, la Sica Atlantique a anticipé. « Nous étions prêt trois jours avant. Nous avions tout préparé pour nous organiser », indique Vincent Poudevigne. Ensuite, tout au long des mois de confinement, la société a participé avec les ministères de l’Agriculture et des Transports à des réunions de crise pour assurer la continuité des activitésde la chaîne logistique.

Des investissements pour améliorer les cadences

Après cette année particulière, Sica Atlantique continue d’investir dans ses équipements portuaires. Après avoir mené la réfection du voile béton du premier silo de La Rochelle il y a 10 ans, la Sica Atlantique procède aux travaux sur le second silo.

Doublement des tapis d’extraction de cellules

D’autre part, les opérations d’amélioration des cadences de chargement ont pris fin. Le tapis de chargement a été doublé en 2017. Au cours des exercices suivants, le doublement des lignes d’extraction des sorties de cellule a été réalisé. « Tous les travaux majeurs d’amélioration de la productivité sont finis ».

Réfection des installations de Tonnay Charente

Sur le port de Tonnay Charente, les travaux de réfection du quai du silo sont terminés. Entrepris par le port de Rochefort Tonnay Charente, ces travaux de quai et de front d’accostage assurent les conditions de chargement. « Nous participons indirectement au financement de ces travaux au travers des redevances que nous versons au port ».

Émissions de poussière: des mesures nécessaires

Outre ces travaux, la Sica Atlantique s’est attaqué depuis quelques années aux émissions de poussière liées à son activité. « Les émissions de poussières posent trois problèmes majeurs. Le premier concerne la sécurité. Nous y travaillons tous les jours depuis le début de notre activité. Ensuite, ces émissions interviennent d’un point de vue commercial. Les poussières retombent dans les cales. Même si elles ne sont pas une cause de dégradation des marchandises, elles sont inesthétiques pour le client. Enfin, les poussières posent un problème sociétal, notamment pour les silos situés en centre-ville », explique Vincent Poudevigne.

Des arrimeurs sur les portiques

Pour lutter contre ce phénomène, la Sica Atlantique a fixé sur ses portiques des arrimeurs spécifiques. Ils permettent de collecter les poussières pendant les opérations de chargement pour éviter qu’elles ne tombent dans la cale ou s’envolent vers les habitations du voisinage.

Campagne 21/22: l’optimisme est revenu

Après cet exercice particulier, la Sica Atlantique est entrée en 2021 avec de nouveaux défis à relever. La première moitié de l’année doit s’arranger avec la fin de la campagne 2020/2021 et sa récolte en nette baisse. Déjà, le directeur général de la Sica Atlantique porte un regard plus optimiste sur la seconde partie de l’année. « Les premières moissons sont bonnes. Nous pensons que cette campagne sera plus positive », analyse Vincent Poudevigne. Et pourtant la sécheresse du début d’année a fait craindre le pire pour la seconde année a-consécutive. « Les pluies de mai ont sauvé la récolte. Nous sommes confiants ».