Zones économiques spéciales : la digitalisation des échanges constitue la clé de voute de la réussite

En Afrique, les gouvernements envisagent de développer leur économique en créant des zones économiques spéciales. Le guichet unique du commerce extérieur demeure une pièce essentielle pour la réussite des projets parallèlement au cadre juridique.Le cas pratique du Congo.

Les zones économiques spéciales sont devenues un levier du développement pour les pays dont la majorité des échanges est basée sur les matières premières. Un principe que le dernier rapport de Okan Partners a démontré. Avec une économie basée sur l’exportation de pétrole et de bois, le Congo réalise une grande partie de ses échanges internationaux sur des produits bruts.

Quatre zones pour un pays

Au Congo, avant même la publication de ce rapport, le gouvernement a compris l’intérêt de ces zones économiques spéciales. Il souhaite implanter, sur son territoire, quatre zones pour inciter les investisseurs internationaux à créer des espaces dans lesquels les matières premières seraient transformées. Les projets s’étendent sur les communes de Pointe-Noire, Ignié (au nord de Brazzaville), Oyo et Ouesso.

Des régimes douaniers et fiscaux avantageux

Ces zones doivent avant tout attirer des investisseurs en proposant des régimes douaniers et fiscaux avantageux. Pour cela, le gouvernement a mis en place des dispositifs légaux pour chacune de ces zones. Calquées sur le modèle de Tanger Med, ces zones doivent bénéficier de la proximité du port de Pointe Noire et de l’aéroport.

Une zone de 2 940 hectares sur le port de Pointe Noire

Sur le Port autonome de Pointe Noire, la zone économique spéciale s’étend sur 2 940 hectares. L’objectif de cette zone est d’accueillir des entreprises spécialisées dans le secteur minier, sidérurgique et pétrochimique. Le projet prévoit, en outre, la construction d’un port minéralier pour y exporter les extractions de fer, potasse, cuivre etc…

Logistique, agriculture et bâtiment

La zone d’Ignié, située au nord de Brazzaville, sur les rives du Congo, sera destinée aux activités liées à l’agriculture, la fabrication de matériaux de construction et des entreprises logistiques. Dans son projet, le gouvernement imagine un espace de plus de 22 000 hectares. Elle prévoit l’installation d’entreprises aussi diverses que celles liées à l’industrie pharmaceutique, l’automobile, l’agriculture, le génie civil, le transport et l’entreposage ou encore l’industrie du textile.

Une zone tournée vers l’économie verte

La troisième zone prévue par le gouvernement congolais se situe sur la commune d’Oyo. Elle s’étend sur 760 000 hectares. Cette zone économique spéciale sera tournée vers la transformation de produits dans le cadre de l’économie verte. Pour bénéficier des avantages fiscaux et douaniers liés à la zone, les entreprises devront travailler dans des secteurs comme la sylviculture, l’agriculture, l’industrie du bois, le transport, le bâtiment notamment.

La dernière zone prévue par le gouvernement du Congo dispose d’une superficie de plus de 379 000 hectares. Elle sera dédiée aux activités agro-industrielles, à la transformation des produits forestiers et des produits miniers.

Un guichet unique pour les formalités administratives

Pour attirer les entreprises sur ces différentes zones, le gouvernement a mis en place des systèmes pour réduire les coûts d’investissement et d’exploitation. Outre ces avantages, il est prévu que ces entreprises aient accès à un guichet unique. Ce dernier sera placé sous l’autorité de l’Agence en charge de ces zones économiques spéciales. Il regroupera les différents services de l’État pour effectuer les démarches et formalités administratives.

Tous les ingrédients sont présents

Ces différents projets créés par le gouvernement congolais cadrent parfaitement avec les recommandations faites dans le dernier rapport de Okan Partners: La proximité de la ressource, les services logistiques de proximité, une main d’œuvre proche, des projets portant sur des secteurs pertinents et un cadre règlementaire et fiscal adaptés aux besoins des investisseurs.

Créer un guichet unique du commerce extérieur

Cependant, si ces éléments sont aujourd’hui insérés dans le cadre règlementaire, il est un dossier sur lequel le gouvernement de Brazzaville doit avancer : le guichet unique. Dans son projet, le gouvernement prévoit de créer ce guichet pour les formalités administratives. Ce guichet doit aller encore plus loin et créer les conditions pour faciliter les échanges par une plus grande fluidité des communications. Ces zones économiques spéciales ne se développeront que par une digitalisation plus poussée. Elle facilitera le traitement des données dans le cadre des échanges mais sera aussi, pour le gouvernement, l’assurance de pouvoir contrôler fiscalement le respect des conditions du bénéfice des entreprises installées.

La pertinence des guichets uniques du commerce extérieur

Les guichets uniques du commerce extérieur créé dans de nombreux pays d’Afrique ont démontré leur pertinence sur le long terme pour faciliter les échanges. Or, une partie des produits que le Congo souhaite voit traiter dans ces zones seront aussi destinés au marché intérieur africain. En créant ce guichet unique pour les échanges sera la clé de voute de la réussite de ces zones économiques spéciales.