Le projet portuaire d’Anaklia dans les Pandora Papers

Les Pandora Papers, révélés par l’association des journalistes d’investigation, ont mis en lumière les intérêts de Bidzina Ivanishvili, fondateur du parti du « Rêve géorgien » et ancien premier ministre, pour éviter la construction du projet portuaire d’Anaklia.

La publication par le consortium des journalistes d’investigation au début du mois d’octobre de l’affaire des Pandora Papers révèle les systèmes mis en place par certains hommes d’affaires pour dissimuler une partie de leurs sociétés dans des paradis fiscaux. Toutes les filières industrielles et de service sont touchées. Le monde portuaire n’est pas épargné et notamment en Géorgie.

Un projet intégré aux Routes de la Soie

En Géorgie, le projet de port dans la ville d’Anaklia suscite bien des convoitises. Il prévoit de créer un grand port pour s’intégrer dans les Nouvelles Routes de la Soie. Or, en janvier, le gouvernement a décidé de rompre le contrat de concession qui le liait avec le consortium formé pour la construction de ce port. Le motif invoqué était un manquement à certaines obligations prévues au contrat de concession.

La nébuleuse des sociétés de Bidzina Ivanishvili

Peu enclins à voir disparaître le projet, le consortium ADC (Anaklia Development Consortium) a contre attaqué lors de la publication des Pandora Papers. Dans un document, ADC explique la nébuleuse de sociétés offshores créée par le milliardaire géorgien, Bidzina Ivanishvili. Ces sociétés auraient des intérêts dans la zone industrielle et logistique installée derrière le port de Poti.

En disposant d’intérêts dans la zone industrielle et logistique de Poti, le milliardaire géorgien aurait mené une campagne pour que soit abandonné ce projet. Selon un document publié par le consortium chargé du projet portuaire d’Analklia, « les Pandora Papers ont confirmé que Bidzina Ivanishvili a caché la propriété de ses sociétés, qui ont investi dans la zone industrielle de Poti, dans des juridictions offshores et utilise ses moyens pour manipuler le gouvernement géorgien afin de servir ses intérêts économiques personnels ».

Nouvel appel d’offres et procédure d’arbitrage

Après la révélation de ces éléments, le gouvernement géorgien, par la voix de sa ministre de l’Économie, a rappelé que le projet a été « torpillé » par les anciens investisseurs. Le gouvernement se fait fort de lancer un nouvel appel d’offres. Une promesse qui a déjà été faite lors du vote du budget pour 2021, en octobre 2020. Elle est restée lettre morte. Pour les membres d’ADC, la ministre réécrit l’histoire. Une procédure devant la Chambre internationale d’Arbitrage aurait été introduite récemment.

Entre Poti et Anaklia

Les défenseurs du projet d’Anaklia ont toujours mis en opposition les deux projets : l’extension du port de Poti et la création du port d’Anaklia. Le port de Poti représente aujourd’hui la principale porte maritime du pays. Le terminal à conteneurs a été concédé à APM Terminals. Cette dernière a reçu du gouvernement de Tbilissi l’accord pour une extension de ce terminal. À l’opposé, les défenseurs du projet d’Anaklia soutiennent que le port, situé à la frontière avec l’Abkhazie offrirait un potentiel de développement et s’inscrirait dans les Nouvelles Routes de la Soie. Pour les opposants au projet géorgiens et russes, l’arrivée de sociétés occidentales auraient permis d’installer des bases militaires dans cette région.