Deux sociétés sélectionnées pour la concession du terminal conventionnel de Lobito

Le gouvernement angolais a annoncé, le 1er octobre, la sélection de deux sociétés, Ictsi et CITIC, pour la concession du terminal polyvalent du port de Lobito.

Dans un contexte de réforme et de remise à niveau du tissu portuaire national, le gouvernement angolais a procédé à un nouvel appel d’offres pour le terminal polyvalent du port de Lobito. Le 1er octobre, le ministre des Transports du pays, Ricardo Viegas de Abreu, a annoncé que deux sociétés restent en lice pour la concession du terminal. Il s’agit de la société chinoise Citic et de la philippine Ictsi. Le terminal multipurpose de Lobito offre une superficie de 241 590 m2 avec un linéaire de quai de 1200 m à une profondeur de 14,7 m. Il permet de traiter annuellement environ 600 000 t de conventionnelles et environ 250 000 EVP.

Citic, groupe chinois de BTP, déjà en Angola

La société chinoise Citic, spécialisée dans le BTP, est déjà présente en Angola au travers de projets immobiliers sociaux dans la région de la capitale. Cette société est active dans de nombreux pays africains pour développer des projets immobiliers et des constructions d’usine. Le groupe chinois ne dispose pas aujourd’hui une expérience dans les projets portuaires ni dans l’exploitation de terminaux.

Ictsi, un manutentionnaire déjà africain

Quant à Ictsi, le groupe est présent en Afrique dans plusieurs terminaux polyvalents. En effet, le manutentionnaire philippin est concessionnaire des terminaux polyvalents de Kribi, au Cameroun, et de Onne, au Nigéria. De plus, il gère les terminaux conteneurs de Matadi en RDC et de Toamasina, à Madagascar. Le groupe philippin a essuyé un échec lors de l’ouverture du terminal polyvalent de Luanda qui a été attribué à DP World.

Exclusion du groupe Bolloré

La première analyse des soumissionnaires a exclu le groupe français Bolloré. Dans un communiqué du ministère angolais des Transports explique que le manutentionnaire a été « disqualifié pour ne pas avoir rempli les obligations des montants à investir qui devaient se situer entre 80 M$ et 100 M$ », a souligné le président du comité d’évaluation, Joao Fernandes. Lors de la cérémonie d’ouverture des plis, le président du conseil d’administration du port, Celso Rosas, a rappelé le souhait de disposer d’une société avec des compétences techniques, technologiques et humaines pour répondre à ce projet. L’autorité de passation des marchés angolais a indiqué qu’elle dispose d’un délai de trois mois pour attribuer ce terminal.

Sept sociétés ont regardé le projet

Selon le gouvernement de Luanda, sept sociétés ont demandé à recevoir les documents pour concourir à cet appel d’offres. Parmi ces sociétés se retrouvent, DP World, Abu Dhabi Ports, QTerminals et Yilport. Ces sociétés n’ont pas soumis d’offres. DP World est déjà présent en Angola en ayant remporté en début d’année le terminal polyvalent de Luanda. Quant au terminal à conteneurs du port de la capitale, il est entre les mains de APM Terminals et sa filiale locale, Sogester, depuis de nombreuses années.

Des nouveaux sur le marché africain

L’entrée dans le monde portuaire africain de Yilport confirme l’ambition du groupe turc de prendre des positions sur le continent. Son intention de céder ses parts dans le groupe CMA CGM pour disposer de liquidités et ses premiers pas sur des appels d’offres en Afrique du Nord montre son ambition africaine. De même, l’arrivée dans le marché portuaire des sociétés comme QTerminals, opérant le port qatari de Hamad, démontre de la volonté de cet opérateur d’étendre son spectre vers d’autres marchés. Quant à Abu Dhabi Ports, si le groupe émirati est essentiellement présent dans le golfe Persique, il a déjà exporté son savoir-faire en Afrique en prenant le terminal à conteneurs de Kamsar, en Guinée Conakry.