GPM Nantes Saint-Nazaire : l’énergie a manqué en 2021

Avec un trafic de 19 Mt, le GPM de Nantes Saint-Nazaire accuse une baisse de 32%. Une diminution liée à la baisse des courants énergétiques. Les autres courants ont mieux résisté.

Au GPM de Nantes Saint-Nazaire, la transition énergétique prend déjà toute sa dimension. Au cours des dernières années, les trafics portuaires liés à l’énergie, comme le pétrole, le gaz et le charbon, pesaient près de 66% des flux du port ligérien. Dès lors que la France inscrit la transition écologique dans son programme politique, il est inéluctable que les trafics portuaires liés au changement de paradigme énergétique s’en ressentent.

Baisse de 62% des hydrocarbures

Ainsi, en 2021, le GPM de Nantes Saint-Nazaire a vu ses trafics d’hydrocarbures perdre 62% par rapport à 2020. Une diminution liée à l’arrêt des activités de raffinage de TotalEnergies. Les importations de pétrole brut se sont arrêtées en novembre 2020 lors de l’arrêt conjoncturel de la raffinerie TotalEnergies de Donges et n’ont pas repris depuis, entrainant l’arrêt des exportations de produits raffinés. Cette baisse des importations de pétrole brut a été largement compensé par les importations de produits raffinés. Ce courant se situe à 3,9 Mt en 2021 en hausse de 144%.

GNL: les conséquences d’un marché international tendu

Dans le même ordre d’idée, le trafic de GNL s’est inscrit dans la même lignée que les autres trafics énergétiques. Il accuse une baisse de 40% à 5,4 Mt. Une tendance qui peut s’expliquer par un marché international tendu. La reprise économique de nombreux pays a entraîné une hausse du prix du gaz. Des pays comme la Chine ont acheté de plus grandes quantités de gaz dans un marché avec une production à peu près stagnante. Au final, ce sont moins de navires qui ont escalé dans le port ligérien. Celui-ci a enregistré 78 escales en 2021 contre 127 un an plus tôt.

Charbon: une hausse conjoncturelle

Enfin, dernier courant de ce secteur énergétique, le charbon a vu ses trafics progresser. La centrale de Cordemais, principale destination de ce produit, a été davantage sollicitée depuis l’automne pour approvisionner en électricité le Grand ouest français. Au global, le charbon voit ses flux se multiplier par quatre pour s’établir à 800 000 t. Une tendance à contre-courant de la transition écologique qui s’explique par la mise en maintenance de nombreuses centrales nucléaires.

Alimentation animale: résorption de la hausse de 2020

Du côté des vracs solides agroalimentaires, le trafic enregistre une baisse des exportations par rapport à 2020. Avec 700 000 t de céréales exportées et 2 Mt de produits pour l’alimentation animale importées, ce trafic reste malgré tout en progression par rapport à la situation d’avant la crise sanitaire. Pour l’autorité portuaire, la progression observée l’an passé pour l’alimentation animale, qui était liée aux effets du confinement, s’est résorbée.

Les autres vracs solides sont en progression. Ils sont portés notamment par les trafics liés à la construction et au recyclage. Le sable de mer augmente de 20 %, le ciment et le clinker de 21 % et la ferraille de recyclage de 33 %.

Diverses: stabilité des véhicules neufs

Du côté des marchandises, le trafic de conteneurs est en recul de 8,7 % et totalise près de 145 000 EVP. Le trafic roulier progresse, pour sa part, de 4,4 %, mais reste loin de son niveau d’avant-crise. Le nombre de véhicules neufs reste stable avec 109 000 unités et les trafics de remorques se maintiennent également. Conséquence directe de la pandémie, les trafics aéronautiques sont fortement impactés, tout comme en 2020.  Les autres trafics de marchandises diverses, qui présentent par ailleurs de belles perspectives, sont en hausse de 34 %. Une grande partie est liée aux importations de composants industriels dans le cadre de la construction en cours du parc éolien en mer de Saint-Nazaire.