Gouvernance portuaire : le décret de la modernisation
Le 1er août, le gouvernement a publié le décret pour la modernisation de la gouvernance portuaire. Le texte instaure un dialogue régulier entre le conseil de surveillance et le conseil de développement.
Le décret du 1er août sur la gouvernance portuaire apparaît comme une conséquence du rapport des deux parlementaires, Agnès Firmin Le Bodo et Matthias Renault. En effet, lors des entretiens préliminaires à ce rapport, l’Union maritime des ports de France (UMPF) et l’Union des Ports de France (UPF) ont plaidé pour un renforcement de la gouvernance.
Une avancée concrète pour l’écosystème portuaire
Les deux organisations professionnelles souhaitent un dialogue plus régulier entre les instances publiques et privées. Ce décret est donc « une avancée concrète pour l’écosystème portuaire », souligne un communiqué conjoint des deux organisations. Ainsi, le texte institue « une séquence d’échange essentielle au sein des instances décisionnelles. » Alors, deux fois par an, le président du conseil de développement et deux représentants désignés seront invités à une séance du conseil de surveillance. Le texte prévoit que ces échanges seront préparés en amont. L’objectif vise à préparer en amont les « réponses formalisées et d’assurer un suivi des sujets abordés ».
Un décret qui renforce le dialogue
Tant à l’UPF qu’à l’UMPF, les présidents se réjouissent de ce texte. Ainsi, Sandrine Gourlet, présidente de l’UPF, « ce décret traduit une évolution nécessaire du fonctionnement de nos communautés. Il renforce le dialogue avec l’ensemble des parties prenantes. Actifs stratégiques, piliers de la réindustrialisation post-fossile et des chaînes logistiques bas carbone, les ports sont et resteront des lieux de rencontre, de coopération et d’échanges. »
Un texte critiqué par certains
Un avis partagé par Francis Grimaud, président de l’UMPF. Pour lui, le texte « marque une avancée dans la reconnaissance de l’entrepreneuriat portuaire. Associer plus étroitement les acteurs privés aux réflexions stratégiques permet de construire des solutions plus agiles et en phase avec les réalités économiques des territoires ». Des opinions qui sont critiquées par certains professionnels. Ces derniers estiment que cette décision ne change rien au mode de décision dans les ports. Le texte prévoit un nouvel espace de dialogue mais pas de décisions, nous a confié un responsable opérationnel.
Continuer avec des dossiers prioritaires à poursuivre
Fort de la publication du décret, l’UPF et l’UMPF indiquent dans leur communiqué qu’il demeure des « dossiers prioritaires à poursuivre ». Ils mentionnent la nécessité d’une « trajectoire volontariste d’investissement dans la reconquête des parts de marché des ports français et une ambition affichée de renforcement de l’attractivité des zones industrialo -portuaires pour l’industrie et la logistique ». Ils attendent aussi une politique foncière clarifiée pour l’implantation des entreprises sur le domaine public maritime. Enfin, les deux unions souhaitent « un modèle économique renouvelé ». Il est nécessaire d’adapter le régime financier des ports pour répondre aux défis industriels, énergétiques, écologiques et promouvoir les modèles de co -investissement pour associer de manière concrète le secteur privé et le secteur public aux projets d’investissement sur les places portuaires.

