La FNPD CGT défend la cohésion portuaire française en Méditerranée
Dans un tract du 9 avril, la CGT FNPD de Marseille-Fos appelle à une mobilisation. Ils refusent « une concurrence déloyale entre les ports de la Méditerranée ». La région Occitanie s’insurge contre ces propos.
De Port la Nouvelle au GPM de Marseille-Fos, la France compte cinq ports. Des établissements qui affichent des statuts différents. Ainsi, Port La Nouvelle et Sète appartiennent à la région Occitanie. Port Vendres est concédé à une filiale de la Compagnie fruitière. Les ports de la rade de Toulon ont créé une société portuaire. Enfin, le GPM de Marseille-Fos relève de l’État.
La mauvaise fable méditerranéenne
Une différence statutaire qui ne doit pas se décliner dans une concurrence mortifère. Alors, pour lutter contre les volontés de prendre des trafics à certains pour nourrir d’autres, la FNPD CGT se mobilise. Elle dénonce une mauvaise fable. « Après avoir investi plus de 650 M€ dans Port-la-Nouvelle pour traiter l’éolien et l’hydrogène, la région Occitanie et sa présidente, Carole Delga, se trouvent bien dépourvues aujourd’hui », écrit le syndicat. Elles sont prêtes à prendre les trafics des ports français de l’arc méditerranéen pour justifier ces investissements.
La stratégie nationale portuaire se pose
Aujourd’hui, l’éolien et la production d’hydrogène émettent des signaux inquiétants. « Alors les actionnaires de la Semop viennent faire concurrence à leurs voisins français. » Et le syndicat s’interroge : la stratégie nationale portuaire se pose. En effet, la FNPD CGT indique qu’un trafic de voitures neuves doit basculer de Sète à Port la Nouvelle. Des discussions sont engagées pour la même opération depuis le GPM de Marseille-Fos vers le port de Perpignan.
Porter la complémentarité des ports
Pour les ouvriers dockers, il n’est pas question « qu’un seul de nos trafics parte pour le port low-cost de Carole Delga. Nous portons la complémentarité des ports français et non pas leur mise en concurrence. L’État doit jouer son rôle. Nous demandons à la Semop de ne pas concurrencer les ports français de la Méditerranée. » En d’autres termes, la CGT FNPD renvoie l’autorité de Port la Nouvelle à se battre face à ses concurrents des pays voisins plutôt qu’entre ports français.
L’Occitanie n’est pas une terre low cost
Pour la région Occitanie, cette position n’est pas fondée. D’une part, les trafics automobiles destinés à Port La Nouvelle viennent de Barcelone. « Nous prenons des parts de marché au port catalan », assure un élu de région. Quant à qualifier le port des Pyrénées orientales, l’accusation n’est pas fondée. « Nous facturons les navires au même niveau que Marseille-Fos et au-delà de Sète », argumente l’élu.
Pour un pack portuaire français
Cette position du syndicat s’aligne avec celle de nombreux opérateurs privés de la logistique portuaire. Le cri de rassemblement a toujours été de créer un « pack portuaire français », comme au rugby. Il faut être fort ensemble plutôt que de s’affaiblir au profit des ports voisins. Une position que le monde portuaire français défend sous la formule du « chasser en meute ». Pour le syndicat, ce mouvement est aussi une façon de dénoncer des statuts différents qui induisent des ports à double vitesse entre le premium et le low cost.

