Le corridor entre la République Centrafricaine et Kribi : une source de croissance pour les Capesize
Une étude de Drewry sur le corridor entre la République Centrafricaine et le port de Kribi montre que cet axe est une source de nouveaux flux pour les Capesize.
Drewry publie une étude sur le corridor entre la République Centrafricaine et le port camerounais de Kribi. Elle s’appuie sur les projets de développement de A&S Resources. Cette société minière britannique accroît sa production en République Centrafricaine. Pour exporter ses produits, le groupe envisage la construction d’un réseau ferroviaire vers le port de Kribi.
Une demande en Capesize en hausse de 5%
Selon les prévisions, le corridor doit accueillir 90 Mt de minerais de fer. « Il doit émerger comme une nouvelle source de flux pour le monde du vrac sec. Il peut ajouter une demande entre 70 et 80 nouveaux affrètements de Capesize par an. La demande doit augmenter d’environ 5% par rapport à celle de 2025 », indique l’étude de Drewry.
Une ligne ferroviaire de 1 350 km
Les ressources minérales de la République centrafricaine (RCA) sont restées en grande partie inexploitées en raison de l’enclavement du pays. Un projet prévoit donc la construction d’une ligne ferroviaire de 1 350 kilomètres reliant la République centrafricaine au port de Kribi, au Cameroun. Un outil logistique pour créer une nouvelle voie d’acheminement pour le minerai de fer et les autres minerais de la RCA vers les marchés internationaux.
Inde et Chine impliquée dans ce projet
A&S Resources aurait obtenu un financement de 6 Md$ auprès d’une institution financière indienne pour développer l’infrastructure ferroviaire. La construction devrait être confiée à une entreprise chinoise. Cette annonce intervient après la déclaration faite en février par la société minière sur l’accord sur le développement minier, la construction ferroviaire et d’autres aspects logistiques. Toutefois, l’exploration a démarré récemment. Alors, les exportations de minerai de fer région ne doivent pas commencer avant le début des années 2030.
Un gisement de 20 Mdt
A&S Resources estime que les gisements de Bakala/Topa et de Bogoin contiennent plus de 20 Mdt de minerai de fer. Toutefois, ce chiffre reste une estimation de la société. Il n’est pas vérifié par une source officielle. À supposer que ces perspectives sont réelles, ce gisement représente un potentiel d’exportation considérable. En outre, la société a également identifié du cuivre, des terres rares et d’autres minéraux stratégiques. Par conséquent, le corridor vers le port de Kribi prend toute son importance. Rappelons que la Chine et l’Inde cherchent à améliorer leur accès aux approvisionnements en minéraux essentiels.
De 250 000 t/j à 110 Mt/an
Le corridor ferroviaire table sur des flux de 250 000 tonnes par jour, soit 91 Mt par an. Une estimation qui concerne la première phase. Ensuite, A&S Resources prévoit de passer, éventuellement, à 300 000 tonnes par jour, soit près de 110 Mt par an. Dans le même temps, le port de Kribi doit augmenter ses capacités de manutention pour faire face à ces volumes.
Des minerais destinés à la Chine et l’Inde
Les flux tirés du sol centrafricain devraient prendre la direction de la Chine, selon toute probabilité. En effet, ses importations de minerai de fer ont atteint environ 1,3 Mft en 2025. Drewry estime qu’elles augmenteront de 1,5 à 2 % par an, au moins jusqu’en 2031. Par ailleurs, l’Inde pourrait constituer un autre marché. Le pays a publié sa vision pour les 20 prochaines années. Elle intègre une croissance de la production sidérurgique. L’objectif du pays vise à produire 255 Mt d’acier brut d’ici 2030-2031, contre 12 Mt en 2025. Dans ce contexte, le besoin en matière première va augmenter. La sidérurgie indienne devra trouver de nouveaux approvisionnements en plus de l’Australie et du Brésil.
70 à 80 Capesize de plus par an
Pour le consultant britannique, l’exportation de 100 Mt par Kribi vers les marchés indien et chinois pèsera sur la demande en Capesize. « Cette diversification des routes pourrait donc générer plus de 500 Md tonnes/Miles supplémentaires. Alors, cela se traduira par une demande d’environ 70 à 80 navires supplémentaires par an d’ici la fin des années 2030. » Ce projet présente des risques pour le financement, la construction et la mise en œuvre. Cependant, Drewry conclu sur une note optimiste : « s’il est mené à bien, le corridor RCA-Kribi pourrait devenir une plaque tournante majeure pour le minerai de fer sur la côte atlantique. »

