Le manifeste pour les ports de l’UMPF
L’UMPF a présenté son manifeste pour les ports français le 7 octobre. Il vise à mobiliser les élus des territoires portuaires.
Au lendemain des élections sénatoriales et à la veille des débats budgétaires, l’Union Maritime et Portuaire de France (UMPF) a réuni ce 7 octobre plus d ’une vingtaine de parlementaires élus des territoires industrialo-portuaires et logistiques de France. L’organisation y a présenté son manifeste pour l’élection présidentielle de 2027.
Un front commun du secteur face aux élus
La rencontre était présidée par le sénateur du Nord Franck Dhersin et Francis Grimaud, président de l’UMPF. Elle a rassemblé autour de l’UMPF et de ses Unions maritimes les fédérations nationales du secteur : l’Union des Ports de France (UPF), Armateurs de France (ADF), l’Association des Agents Maritimes et Consignataires de France (AMCF), l’Union nationale des industries de la manutention (UNIM), TLF Overseas, l’Association des Utilisateurs de Transport de Fret (AUTF) et le Cluster Maritime Français.
Faire des territoires portuaires des relais de la cause portuaire
La députée de Seine -Maritime Agnès Firmin Le Bodo, corapporteure, a présenté les conclusions du rapport d’information de l’Assemblée nationale sur la compétitivité des ports français. Cette rencontre prolonge le travail engagé depuis 2025 par l’UMPF auprès des élus des territoires industrialo -portuaires et logistiques. L’organisation des professionnels portuaires et logistiques entend ainsi faire de ces territoires des relais de la cause portuaire au Parlement.
Un manifeste pour faire des ports une priorité du prochain quinquennat
La France dispose de la deuxième zone économique exclusive (ZEE) du monde. Pourtant, ses ports perdent des parts de marché depuis 20 ans face à Anvers-Bruges, Rotterdam, Barcelone ou Gênes. Aujourd’hui, près d’un produit sur deux consommés en France entre sur le territoire par un port étranger. Pour l’UMPF, ce n’est pas une fatalité : c’est le résultat d’une gouvernance insuffisante, d’investissements trop tardifs et d’une réglementation devenue un frein.
Cinq priorités pour le prochain quinquennat
Le manifeste propose cinq priorités pour le prochain quinquennat. Elles s’étendent depuis la gouvernance et la stratégie portuaire à l’Outre-mer. À propos de la gouvernance portuaire, l’UMPF propose une stratégie complétée et portée par l’ensemble des acteurs publics et privés, « dans un véritable partenariat avec les entreprises ».
Protéger contre les fuites de trafic hors EU-ETS
La compétitivité industrielle passe par la protection du foncier portuaire, le déblocage des grands projets d’infrastructure et la simplification des procédures. La troisième orientation vise la décarbonation. Elle doit se faire dans un cadre financier qui « protège contre les fuites de trafic hors EU-ETS et fasse des ports français les leaders européens des carburants maritimes ». La pénultième orientation concerne les compétences et la sûreté. Elle doit se bâtir sur un plan national d’attractivité et un financement public de la sûreté face à la montée du narcotrafic. Enfin, la dernière s’adresse à l’outre -mer. L’État doit reconnaître les ports ultramarins. L’UMPF souhaite qu’ils soient davantage soutenus. Elle les considère « comme avant-postes de souveraineté, laboratoires d’innovation et leviers de développement économique irremplaçables ».
Le choix du prochain président
Ce manifeste est destiné aux candidats à l’élection présidentielle. L’UMPF et les autres organisations professionnelles de la logistique portuaire adresse un message au prochain locataire de l’Élysée. Il « devra choisir entre poursuivre le déclassement progressif des ports ou faire des ports l’un des moteurs du redressement économique du pays. Les entreprises maritimo-portuaires et logistiques sont prêtes. Elles attendent une ambition nationale à la hauteur de leurs investissements et des enjeux. »

