Les trafics d’acier en mer Noire régressent
Le rapport du 14 octobre de Signal Ocean indique une baisse des trafics d’acier en mer Noire sur les neuf premiers mois. La cause tient au conflit entre la Russie et l’Ukraine.
Par rapport du 14 octobre, le courtier Signal Ocean indique une baisse des trafics d’acier depuis les ports de la mer Noire sur les trois premiers trimestres. De janvier à septembre, ils ont atteint 4,65 Mt. Des volumes en baisse de 31% par rapport à la même période 2025. Au troisième trimestre 2026, la baisse est estimée à 65,6% à 0,65 Mt.
Une baisse de 94% en Russie
La Russie et l’Ukraine sont les principaux acteurs de cette baisse. En effet, les trafics depuis les ports russes entrent à hauteur de 3,3 Mt sur les trois trimestres. Un volume qui représente 72% des trafics d’acier de mer Noire. Et le mois d’août est symptomatique. Les ports russes ont traité 31 000 t. Comparativement au même mois de 2025, ces volumes sont en diminution de 94,4%. Signal Ocean souligne qu’aucun chargement n’a eu lieu en septembre. Le dernier chargement date du 18 août.
La production se contracte
Pour sa part, l’Ukraine voit ses volumes se contracter de 78,8% au troisième trimestre. Pour le seul mois de septembre, les ports ukrainiens ont réalisé un trafic de 2 970 t. Dans le même laps de temps, la Turquie a exporté 12 750 t et la Roumanie 4970 t. Ainsi les deux belligérants subissent la baisse de ces trafics. Cette réduction des exportations tient d’abord à la diminution de la production. Effectivement, la production d’acier a perdu 5,7% pour les deux pays à 52 Mt sur les huit premiers mois de l’année, selon World Steel Association. Et la situation s’annonce toujours compliquée en Ukraine pour les prochaines semaines. L’usine d’ArcelorMittal à Kryvyï Rig ne reprendra pas sa production. Les tirs russes sur l’usine ont détruit les installations. En 2025, ce complexe sidérurgique a pesé 23% de la production nationale.
La hausse des coûts d’assurance
La principale cause de ces orientations tient aux risques. Les coûts d’assurance augmentent après les attaques de navires jusqu’en Bulgarie. Un entretien avec un responsable de BPG Shipping publié par Ukrainian Shipping Magazine souligne que l’assurance corps d’un navire est désormais entre 0,1 et 0,2% de la valeur assurée. « Pour un Handysize d’une valeur de 12 M$, cela représente de 12 000$ à 24 000$. »
Le centre de gravité du marché se déplace
Pour la filière des vraquiers, cette situation se répercute directement sur les taux de fret. Ainsi Signal note que « la baisse d’activité des Handysize russes est considérable. Le tonnage d’acier enregistré a chuté de 53,4 % pour s’établir à 1,25 Mt. Compte tenu d’une offre de référence plus large de 193 navires Handysize à vide sur l’Atlantique Nord, la Méditerranée et la mer Noire, la diminution de l’offre en mer Noire accentue la pression à la baisse sur les taux de fret pour les navires cherchant à opérer dans la région. » À titre d’exemple, les taux pour les Capesize se contractent en raison d’une demande réduite. La faiblesse du marché en mer Noire entraîne un report des petits navires sur d’autres filières, auparavant dédiées aux Capesize. Pour les courtiers de fret, ces changements ne signifient pas une baisse globale de la demande mais plutôt un centre de gravité déplacé.

