Corridors et logistique

Ormuz : un navire de CMA CGM touché par une attaque

Le San Antonio, navire opérant pour le groupe CMA CGM, a fait l’objet d’une attaque. Le groupe français a évacué les marins blessés.

Le groupe CMA CGM a annoncé l’attaque du San Antonio, navire affrété, dans le détroit d’Ormuz. L’armement français a déclaré cet incident auprès des agences de presse sans rien indiquer sur son site officiel. Selon Marine Traffic, le navire vient du port de Khalifa. Il a pour destination le port de Mundra, en Inde.

La France n’est pas visée

L’incident est survenu dans la nuit du 5 mai. L’attaque a fait huit blessés parmi l’équipage. Le groupe français a évacué les marins blessés, indique une dépêche de l’AFP. La porte-parole du gouvernement, Maud Brégeon, minimise la situation. Elle indique que « les intérêts ne sont pas directement visés. Il s’agit d’un navire sous pavillon maltais avec un équipage philippin. » Une approximation du gouvernement qui ne maîtrise pas encore les finesses du transport maritime international.

Des mouvements de navires militaires

En visant un navire sous contrôle français, il semble que des mouvements de navires militaires s’opèrent actuellement. Dans une dépêche de Reuters, le porte-avion Charles de Gaulle fait mouvement vers la mer Rouge et le golfe d’Aden. Le gouvernement évoque une opération commune avec la Grande-Bretagne. Elle vise à permettre les opérations de transits par le détroit d’Ormuz. De son côté, France info indique que l’armée française n’interviendra pas dans le cadre de cet incident. « Elle n’est pas fondée à le faire », indique le site de la radio.

Les allers et retours de la présidence des États-Unis

Cette attaque du San Antonio intervient après un début de semaine indécis. En effet, le 4 mai, le président des États-Unis lance une opération pour escorter les navires en sortie du golfe Persique. Deux navires, dont un roulier de Mærsk sous pavillon américain, parviennent à sortir par le détroit d’Ormuz. Le lendemain, revirement de position de la Maison blanche. Donald Trump suspend cette opération pour permettre aux négociations entre l’Iran et les États-Unis d’aboutir.

48 incidents dans la région

De son côté, le site du United Kingdom Maritime Trade Operations (UKMTO) dénombre 46 incidents aux abords du détroit d’Ormuz. Elles se répartissent en 26 attaques, 18 tentatives et deux prises. Après l’attaque menée contre un pétrolier, que détaille notre confrère de Mer et Marine, la Corée du Sud envisage de participer à une force d’intervention pour assurer la liberté de navigation dans le détroit. Pendant 47 ans de République islamique en Iran, la navigation dans le détroit s’est opérée sans incidents majeurs. Pendant les deux affrontements entre l’Iran et l’Irak, dans les années 80, les navires ont pu franchir le détroit. Le conflit actuel aura des conséquences pour le commerce mais aussi le droit international.