Ports

Ports français : un premier semestre en progression de 1,8%

Sur le premier semestre, les ports français réalisent une progression de leur trafic de 1,8% à 144 Mt. Hormis les vracs liquides, les principaux courants restent positifs.

Le ministère des Transports publie les chiffres sur le premier semestre. Les ports français terminent le semestre sur une note positive. Ils ont traité 144 Mt. Un volume en progression de 1,8% par rapport au semestre précédent. Cependant, cette progression ne ramène pas les ports français à leur niveau d’avant la pandémie.

Une baisse de 10,3% en huit ans

À titre de comparaison, en 2017, le premier semestre a totalisé 159,07 Mt. Alors d’un point de vue purement mathématique, les ports français perdent 9,4% sur la décennie. La réalité est plus cruelle. Avant la pandémie, les ports français affichent une croissance. Au premier semestre 2019, ils totalisent 160,6 Mt. Ainsi, en comparant le pic de cette décennie avec 2026, la baisse est plus importante à 10,3%.

Vracs liquides : une part de 43%

L’analyse par courant montre la transformation qui s’opère. La volonté politique de se désengager des énergies fossiles devrait partiellement modifier la part des vracs liquides. Or, sur les dernières années, la part des vracs liquides demeure dans les environs de 40%. En 2026, ils représentent encore 43%. Sur le premier semestre 2025, ce courant a représenté 45%. L’évolution des vracs liquides montre une stabilité des volumes. Alors, dès que les autres courants progressent, la part de ce courant se contracte.

Les vracs solides dépendent de la production agricole et sidérurgique

Du côté des vracs solides, leur trafic sur le premier semestre progresse de 10% à 24,5 Mt. Cette catégorie reste dépendante de la production céréalière française et de ses exportations. Or, ce trafic se concentre sur deux pôles principaux : Rouen et La Rochelle. Certes, Dunkerque, Caen, Sète et Marseille-Fos participent aussi à ces flux loin derrière les deux pôles. Hormis cette sensibilité à la variation des céréales, les vracs solides des ports français dépendent aussi de l’industrie sidérurgique. Un haut fourneau s’arrête et c’est une partie des flux de minerais qui n’entre pas. Cette dépendance amène le secteur des vracs solides à se positionner aux alentours de 15% à 19%, selon les années.

Les diverses se maintiennent, malgré la baisse du roulier

Enfin, les diverses parviennent à se maintenir sur la décennie. Sur le premier semestre 2026, elles totalisent 57,6 Mt, en progression de 3,9% par rapport au premier semestre 2025. Ce courant montre deux aspects contradictoires. D’un côté, le volume des diverses se réduit sur la dernière décennie. Comparativement au premier semestre 2017, elles perdent 9,1%. Cette diminution tient surtout aux volumes du trafic roulier. Sur cette même période, le roulier perd 14,9% à 28,1 Mt. La transformation des flux de véhicules neufs a profondément muté au cours des années. Les exportations de véhicules français reculent. Les importations de voitures depuis la Chine et d’autres pays comme la Turquie augmentent. Or, les constructeurs de ces pays optent pour une importation en Europe dans un ou deux ports. Si Haropa Port, Marseille-Fos et les Ports de la rade de Toulon conservent un poids dans ce trafic, leur volume est bien inférieur aux établissements allemands, néerlandais voire Slovènes.

Conteneurs : une hausse en nombre et en tonnage

Enfin, le trafic conteneurs s’inscrit dans une tendance positive sur la dernière décennie. Ainsi, sur le premier semestre 2026, les ports français totalisent 2,9 MEVP, en progression de 8,4%. Un courant qui se concentre sur trois ports : Haropa Port, Marseille-Fos et Dunkerque. La part du trafic conteneurisé de Nantes Saint-Nazaire, Bordeaux et La Rochelle est epsilonesque. Sur la décennie, les trafics semestriels des ports français enregistrent une croissance de 22,2%. Ainsi, le premier semestre 2026 constitue un pic. De plus, ce courant exprimé en tonnes suit la même tendance. Au premier semestre, les ports français cumulent une hausse de 8% à 26,8 Mt. Les deux courbes rapprochées montrent que les ports français traitent plus de conteneurs et qu’ils sont plus chargés. Pour être complet sur ce sujet, le trafic conteneurisé des ports français reste surtout à l’importation pour les conteneurs chargés. Le marché français exporte peu.