Céréales : la fin de la campagne continue de profiter aux blés français

Le conseil spécialisé grandes cultures de FranceAgriMer s’est réuni le 10 juin. Après un début de campagne sur les chapeaux de roues, les blés français se stabilisent à un niveau haut.

La campagne 2019/2020 s’achève sur une note positive pour l’agriculture française. La production record en juillet 2019 et les prix bas du blé français lui ont permis de jouer un rôle majeur sur le marché international.

Blé tendre : hausse de 23,6% des exportations

Avec 21,2 Mt de blé tendre exporté, la campagne céréalière qui s’achève se placera à la tête du classement de ces six dernières années. « La demande en blé français a été forte jusqu’en mai 2020. Depuis lors elle se stabilise », a indiqué Marc Zribi, chef de l’unité grains et sucre de FranceAgriMer. Les chiffres prévisionnels annoncés lors de cette conférence de presse font état d’une augmentation de 23,6% par rapport à la précédente campagne.

L’Afrique de l’ouest toujours en hausse

Ces flux vers l’international sont dominés par les expéditions vers les pays tiers. Ils représentent 63,4% à 13,4 Mt. Les ventes dynamiques vers la Chine, le Maroc, l’Algérie continuent. L’Afrique de l’ouest reste toujours une destination en progression sur cette campagne. Sur l’Égypte, la France a gagné des marchés récemment. De nouvelles affaires émergent avec des marchés gagnés au Yémen et en Tunisie.

Hausse de 36% sur les flux intra-communautaires

Les trafics avec l’Union européenne entrent pour 36% à 7,6 Mt. Les prévisions d’un mois sur l’autre montrent une augmentation de ces exportations. Les blés français sont toujours présents sur le Portugal et l’Italie quand ils perdent du terrain en Grande-Bretagne et en Grèce. Enfin, le solde, soit environ 124 000 t, est destiné aux Outre-Mer.

Orges : progression de l’exportation

Du côté des orges, les exportations de grains sont annoncées à la hausse. Les expéditions vers l’Union européenne sont en progression de 3% à 3,9 Mt. « Les chargements sont principalement destinés au nord de l’Union européenne et composés d’orge fourragère », a souligné Marion Duval, adjointe au chef de l’Unité grains et sucre. Les flux vers les pays tiers augmentent de 58,4% à 3,8 Mt par rapport à la campagne précédente. Ils doivent rejoindre les silos mexicains, marocains et chinois.

Maïs : un recul global

Le maïs subi encore une campagne difficile. Avec 10,2 Mt collectées, il perd 2,4% par rapport à la campagne précédente. Les importations sont en nettes recul et s’établissent à fin mai à 560 000 t, soit une baisse de 35,4%. Quant aux exportations, elles perdent 3,2% à 4 Mt avec un recul important sur les pays tiers. Les expéditions vers l’Union européenne perdent de leur volume mais demeurent au-dessus du cap des 3,8 Mt. Des flux qui viendront encore une fois marqués les trafics de ports comme le GPM de Bordeaux.

Sucre : attention au Brexit

Enfin, sur le sucre, Jean-Philippe Garnot, membre de la Confédération générale des planteurs de Betterave, a rappelé les vigilances que la profession doit surveiller sur ces marchés pendant la campagne actuelle. Parmi les sujets évoqués, le membre de la CGB a appelé la profession à examiner avec intérêt les évolutions des négociations sur le Brexit. Le risque de voir des importations de sucre depuis la Grande-Bretagne existe. Les négociations actuelles pourraient permettre aux anglais d’exporter une partie de leur production sur l’Union européenne en échange d’autres facilités. « Il faut être prudent et éviter d’importer ce que nos agriculteurs produisent. »

Le loupé dans le plan de relance automobile

La betterave entrant dans la production de bio-éthanol, les professionnels de l’agriculture ont soulevé leur regret de ne pas avoir vu des mesures favorisant les véhicules pouvant rouler avec cette énergie. « Les bio-carburants sont essentiels dans le mix énergétique. Le plan de relance de l’industrie automobile a oublié l’éthanol. C’est dommage », a continué Jean-Philippe Garnot.

Brésil : l’inquiétude des négociants en sucre génère une file d’attente au port de Santos

Dans le port de Santos, 70 navires attendent sur rade pour charger du sucre, indique une dépêche de Reuters du 8 juin. Il faudra plus d’un mois pour résorber le trafic. Le temps d’attente dans le premier port brésilien est d’environ 29 jours contre 7 jours habituellement.
Deux éléments expliquent cet afflux. D’une part, le Brésil a enregistré une production sucrière record en 2019. Ses concurrents directs, la Thaïlande et l’Inde ont pour leur part subi les conséquences des moussons fortes. Leurs récoltes ont diminué.
D’autre part, avec la progression alarmante de la pandémie au Brésil, les opérateurs craignent de voir un manque de main d’œuvre pour opérer les navires et pour les acheminer jusqu’au port.
Des négociants tentent de renégocier avec les raffineries des délais supplémentaires. D’autres regardent la situation en Inde qui dispose encore de 1,7 Mt de sucre brut à exporter. Dans ce concert, les gouvernements souhaitent aussi disposer de stocks suffisant si une nouvelle vague du Covid 19 apparaissait ou si un autre virus devait confiner de nouveau les populations.

Photo: Photo publiée par la Station de pilotage de la Seine sur Linkedin. Le BERGAGLIA, vraquier aux dimensions de 240 m, est venu charger 59300 t d’orges à destination de la Chine.

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