GPM Bordeaux : en 2019, le port girondin accuse un nouveau repli de ses trafics

Le trafic du Grand port maritime de Bordeaux a souffert en 2019. Il a perdu 3,5% de son trafic total pour s’établir à 6,8 Mt. Les courants traditionnels du port accusent un repli quand d’autres flux ont compenser une partie des baisses.

L’année 2019 a été difficile pour le port girondin. Le Grand port maritime accuse un repli de 3,5% de son trafic global à 6,8 Mt. Un repli dû principalement aux vracs solides et aux marchandises diverses. Les vracs liquides ont pour leur part connu une meilleure année avec une hausse de 1,1% à 4,7 Mt, liée à un nouveau schéma logistique du pétrole brut de la part groupe Vermillon.
La principale baisse de trafic des vracs solides est à mettre au passif de la filière céréalière. Les exportations accusent une baisse de 18,6% à 571 016 t. Pour la seconde année consécutive, cette filière souffre. La cause vient du « manque de compétitivité de la ressource locale, la piètre qualité de la récolte de maïs et la concurrence internationale », indique la direction générale du GPM de Bordeaux. Les produits en sortie de mer Noire ont supplanté la production locale laissant des stocks importants localement. Second trafic en baisse sur les quais girondins, les ferrailles accusent une diminution de 40,7% à 55 222 t. Les trafics de ferraille, présents sur le port depuis quelques années, se sont tassés. Et parce qu’une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, la filière des engrais, liée à celle des céréales, a aussi souffert en 2019. Les entrées d’engrais manufacturés ont perdu 14% en 2019 à 211 530 t. De plus, à l’entrée, les importations d’ammoniaque, qui entrent dans la composition des engrais, a suivi le mouvement avec une diminution de 8,1% à 242 669 t.

Baisse des exportations d’huiles

L’implantation en 2019 à Bassens, d’une usine du groupe Derichebourg permet d’exporter directement les ferrailles vers le Maroc, le Portugal, l’Espagne et la Turquie pour alimenter les usines sidérurgiques. Inauguré en juin 2019, le centre de traitement monte en puissance progressivement, indique la direction du port qui estime que la courbe de ce courant devrait s’inverser dans les prochains mois. Les oléagineux enregistrent une baisse de 5,9% à 162 718 t surtout en raison de la baisse des exportations d’huiles. Elles perdent 14,2% à 91 384 t. Une diminution qui n’a pu être compensée par la progression des trafics d’exportation de graines (+11,4% 41 384 t) et la stabilité des trafics de tourteaux qui augmentent de 2,1% à 29 950 t.
Parmi les autres baisses de trafic les importations de produits chimiques n’ont pas réussi à se maintenir. Le butadiène voit ses flux se rétrécir de 29,3% à 34 745 t. La direction du port impute ce repli de trafic à un arrêt technique de Michelin pendant un mois en juin et une baisse de production dans un marché atone. Autres filières à avoir souffert en 2019, les bois du nord enregistrent une baisse de 39% de son volume à 21 041 t. Du côté des vracs liquides, les produits raffinés reculent de 1,3%. Un mouvement qui s’inscrit dans la baisse structurelle de consommation de ces produits en France. Enfin, le gaz de pétrole a perdu 23,3% à 28 857 t. Une diminution qui aurait pu être pire si au mois de décembre une cargaison importante n’avait pas été déchargée. Enfin, les petits vracs industriels (ciment, clinker et laitiers) ont vu leur trafic diviser par deux pour s’établir à 52 085 t. Quant aux granulats, ils perdent 4,1% à 238 258 t. Des trafics qui sont le reflet de l’état de la filière BTP dans la région.

Progression des flux de pétrole brut

Ces différents courants de baisse n’ont pu être compensés par la bonne tenue de certains courants du port. Ainsi, les entrées de graines et huiles d’oléagineux ont réduit la baisse du trafic global. Avec 513 659 t, elles affichent une hausse de 41,3%. Les graines progressent de 35,8% à 268 321 t. Après la baisse importante en 2018, l’année 2019 a permis de retrouver le niveau qualifié de normal de l’activité de l’usine de trituration de la Saipol de Bassens. Les huiles s’inscrivent dans la même tendance avec une progression de 127%. Du côté des importations de produits chimiques si le butadiène a été impacté en 2019, le méthanol est en hausse de 2,8% à 59 287 t et le sel augmente de 9,9% à 30 022 t. Quant aux hydrocarbures, premier courant de trafic du GPM de Bordeaux, les flux enregistrent une bonne progression. Globalement, le pétrole brut et les produits raffinés en sortie augmentent de 27,2% à 403 853 t. Un report des tonnages de pétrole brut exportés par le port girondin tient à un changement de schéma logistique inhabituel. Des soucis techniques sur le site de Vermillon en région parisienne ont amené le groupe pétrolier a reporté sur Bordeaux une partie de ses flux exports de brut. Ainsi, le brut à Bordeaux progresse de 16,7% à 272 833 t. Par ailleurs les exportations d’esters méthyliques du groupe Diester sont venus renforcer cette filière avec une hausse de 56,7% à 131 164 t. Du côté des vracs industriels, le talc continue sa progression. Exporté vers les États-Unis, il augmente en 2019 de 34,6% à 10 456 t.

L’effet de l’arrêt de la ligne de MSC impacte encore le trafic conteneurs

Les marchandises diverses ont aussi largement souffert en 2019. L’arrêt de la ligne feeder de MSC depuis l’été 2018 a encore eu des répercussions sur le trafic conteneurisé en 2019. En effet, l’an passé le GPM de Bordeaux n’a accueilli qu’un seul feeder pendant toute l’année contre deux feeders sur les six premiers mois en 2018 et un feeder sur les six derniers mois. Au final, le GPM de Bordeaux enregistre un trafic conteneurisé de 30 643 EVP, en baisse de 24,9% pour un tonnage de 320 053 t, en diminution de 28,4%. Le départ des quais girondins de l’armement italo-suisse a été couplé avec les difficultés liées aux opérations de manutention verticale sur le port. La reprise par Bordeaux Opérations Portuaires en décembre 2018 pour la manutention verticale en lieu et place de Bordeaux Atlantique Terminal, filiale en partie de Sea Invest, a porté un coup au port girondin. Si après plusieurs mois de négociation, une solution a été trouvée, l’activité portuaire s’en est trouvée impactée jusqu’au début de 2019.

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