Le chargement d’animaux vivants à Sète est certifié

La Sepab (Société d’exploitation du parc à bestiaux) du port de Sète a été évalué et certifié par le Bureau Veritas pour la bientraitance animale au mois de novembre. Désormais la société sétoise analyse l’ensemble de la chaîne logistique.

En France, peu de ports traitent de l’export de bétails vivants. Seul le port de Sète a créé sur ses terrains un hangar et des conditions pour exporter les bovins et les ovins. La Sepab, Société d’exploitation de parc à bestiaux, gère ce terminal. Elle est constituée par seize actionnaires, des coopératives, des opérateurs privés, des transitaires et des institutions de type Interbev. Le trafic de bestiaux fluctue selon les années en fonction de la demande. En 2019, la Sepab a expédié 140 000 bovins et 25 000 ovins depuis Sète. « Au global cela représente une centaine d’escales de navires dans le port, soit deux à trois navires par semaine en moyenne», explique Laurent Trémoulet, directeur de la Sepab à Sète. Trois types de bétails sont exportés : des génisses laitières pour produire du lait, des bovins d’engraissement pour être destinés à se faire engraisser dans le pays de destination et, enfin, des bovins pour l’abattage. En 2019, la majorité des 80 000 bovins mâles sont partis vers l’Algérie. « Ils ont été élevés à moitié dans la Région Occitanie et à moitié dans d’autres régions françaises », continue le directeur de la Sepab.
Face aux critiques faites par certaines organisations sur les conditions de transport de ces animaux, la Sepab a décidé de faire certifier ses procédures depuis la ferme jusqu’à la sortie du hangar au port de Sète. Une certification qui permet de vérifier sur l’ensemble des maillons de la chaîne logistique que l’animal est bien traité. En premier lieu, ce sont les conditions de chargement dans les camions des animaux. Selon leur temps de transport entre la ferme et le terminal de Sète, les animaux reçoivent à l’arrivée des soins et une vérification vétérinaire. Dès lors que le voyage routier a duré plus de 29 heures, le service vétérinaire est tenu à attester que l’animal peut voyager par mer. Une procédure que la Sepab décline aussi pour les animaux qui ont eu un temps de transit plus faible.
Une fois arrivé au port, le bétail est installé dans un hangar spécialement destiné à cet usage pendant lequel il peut récupérer de son trajet. Il est ensuite charger directement sur des navires spécialisés pour être transportés à destination.
« Pour obtenir cette certification, nous sommes passés par une phase d’analyse de nos différentes procédures tout au long du transport. Nous avons relevé 273 points sans qu’aucun n’ait été noté en non-conformité. Nous devenons le premier terminal à bestiaux du monde à avoir été certifié », précise Laurent Trémoulet. Un plus face à ses concurrents européens. En effet, en juin 2019, la Commission européenne a publié des lignes directrices pour inciter les exportateurs à ne pas exporter leur bétail par des terminaux qui ne disposent pas de centres agréés.
Fort de ce premier certificat, la Sepab veut aller plus loin. Elle souhaite que les ports de déchargement soient certifiés pour avoir un label sur l’ensemble de la chaîne logistique internationale. « L’accidentologie par le transport de bétail n’est pas pire que dans les élevages. Nous ne dépassons pas 0,009% d’accidents soit moins que dans les élevages ». Un animal qui arrive à destination après avoir été bien traité sera plus productif plus rapidement. C’est pourquoi, le choix des navires et des opérateurs maritimes est important pour que la vache atteigne sa destination sans trop de stress et sans avortement quand elle est en gestation. Et pour aller au bout de leur démarche, les responsables de la Sepab vont jusqu’à éviter des conflits entre les animaux en évitant de faire voyager ensemble des bêtes qui pourraient être tentées de se battre pour dominer.