Afrique du sud : les premiers pas vers une nouvelle organisation des ports

Le président de la République d’Afrique du Sud a déclaré, le 22 juin, vouloir entamer une réforme de l’organisation portuaire nationale. Une première étape va séparer la gestion commerciale et mission régalienne.

Lors d’un déplacement au port du Cap, le président de la République d’Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa, a annoncé un changement important dans l’organisation des ports. Une autorité portuaire nationale sera créée en Afrique du Sud sous le contrôle de la société Transnet, qui gère l’ensemble des ports du pays.

Création de la Transnet Ports Authority

La création de la Transnet National Ports Authority sera établie comme une filiale indépendante de Transnet, société d’État. Les membres de cette autorité portuaire nationale seront nommés par le ministère des entreprises publiques. « Pour relever les défis auxquels nos ports sont confrontés, nous devons entreprendre une séparation claire entre le rôle des propriétaires des infrastructures, qui sera désormais la Transnet National Ports Authority, et les opérateurs de terminaux, que sont Transnet Port Terminals », a déclaré le président de la République.

Pour une plus grande efficacité des ports

Pour l’exécutif sud-africain, cette séparation devrait mener à une meilleure efficacité du système portuaire national. En effet, dans son allocution lors de son déplacement, Cyril Ramaphosa a expliqué que les revenus générés par les ports seront réinvestis dans les infrastructures pour remplacer les plus vieillissantes. 

Cette réforme devra permettre à chaque autorité portuaire de décider de ses investissements. De plus, en détenant la Transnet Port Authority, le groupe Transnet pourra s’assurer qu’aucune discrimination ne sera faite entre chaque port. 

Et le président va plus loin. Il assure que cette réforme doit « revitaliser les infrastructures logistiques du pays en développant des partenariats stratégiques avec le secteur privé pour attirer de nouveaux investisseurs et améliorer les opérations des terminaux. »

Séparer le commercial du régalien

Ce discours rappelle quelque peu celui que le Président de la République française a tenu en 2008 lors de la réforme de l’organisation administrative des ports. En séparant missions commerciales et missions régaliennes, il a voulu transférer au secteur privé une partie du développement des ports. En Afrique du Sud, les terminaux vont demeurer entre les mains de Transnet Port Terminals, pour le moment. Certains observateurs font remarquer que la volonté de créer des partenariats avec le privé pourrait ouvrir la porte à une privatisation de certains terminaux. « Il est clair que nous voulons garder la propriété de nos ports. Il n’y aura pas de compromis sur ce point. Les ports et le réseau ferroviaire appartiennent au peuple sud-africain », a malgré tout précisé le président de la République.

Baisse de la productivité portuaire

Cette réforme s’engage dans une situation difficile pour les ports sud-africains. Dans son allocution du 22 juin, Cyril Ramaphosa est revenu sur les soucis de productivité des ports du pays. « La performance de nos ports s’est altérée ces dernières années en comparaison avec ceux du continent et du monde entier », a indiqué le président de la République. Cette contre-performance a un impact direct sur la compétitivité des produits sud-africains a continué Cyril Ramaphosa. « Nous avons décidé d’inverser cette tendance du déclin de la performance de nos ports. Nous voulons positionner nos ports comme des installations aux standards internationaux qui nous permette d’accompagner la croissance économique ».