Manque de conteneurs : la FMC et le World Shipping Council s’opposent

Le manque de conteneurs ne cesse de préoccuper les chargeurs, les armateurs et les administrations. La FMC mène une enquête sur le sujet. En face, le World Shipping Council, représentant les armements, explique la position des armateurs.

Après les chargeurs français, soutenus par l’organisation européenne, le Clecat, organisation regroupant les commissionnaires en transport européens, le constat dressé par Drewry, la FMC (Federal Maritime Commission), administration américaine, s’est invitée dans le débat sur les conséquences du manque de conteneurs.

Une action plus soutenue

Le 8 décembre, le président de la FMC, Mickael A. Khouri, a donné la position de l’administration américaine lors de la Global Maritime Conference. « Certains armements, pas tous, ont décidé qu’ils ne repositionneront pas de conteneurs vides dans les zones intérieures agricoles. En abandonnant l’agriculture américaine, les armateurs coupent cette industrie du marché mondial. Nous regardons à toutes les actions que nous pourrons engager dans le cadre du Shipping Act ».

Des annulations d’escales réglementées

La crise sanitaire mondiale a modifié les fondamentaux des échanges maritimes, continue le président de la FMC. Pour le responsable de l’administration maritime américaine, les annulations d’escales et la réduction de capacité sur le Transpacifique et le Transatlantique sont acceptées. Elles doivent se réaliser dans le cadre juridique du Shipping Act. « Ces modifications des lignes par les alliances maritimes ont amené la FMC à regarder avec une plus grande acuité. La FMC doit être avisée des annulations d’escale », a continué Mickael A. Khouri.

Accroître la disponibilité des données

Il a adressé un courrier aux dirigeants des armements de ces alliances pour leur demander de fournir plus de données sur ces changements. Les équipes économiques de la FMC doivent pouvoir analyser plus régulièrement les changements de capacité et de taux sur le Transpacifique et le Transatlantique pour motiver leurs décisions. Le président de la FMC souhaite que les données soient désormais envoyées mensuellement. Elles sont actuellement fournies trimestriellement.

Le WSC minimise son rôle

Face aux attaques menées par les donneurs d’ordre, le World Shipping Council (WSC), regroupant les armateurs de lignes régulières, a répondu. Dans un communiqué du 10 décembre, les responsables du WSC tentent de minimiser leur rôle dans cette crise du manque de conteneurs. « Alors que les deux principaux biens pour faire du transport maritime, à savoir des navires et des conteneurs, sont principalement entre les mains des armateurs, une tendance naturelle se dessine à vouloir demander aux armements de résoudre les déséquilibres et les problèmes qui en sont issus », indique le texte du WSC.

Augmenter la flotte: une solution irréaliste à court terme

Pour faire face à la hausse de trafics, la mise à disposition d’une plus grande capacité de navires et de boîtes semblerait la meilleure solution. « Cela serait la solution la plus simple si elle était possible. Elle ne l’est pas, du moins à court terme », continue le texte. Pour se défendre, les armateurs rappellent qu’il faut mettre en place des navires de taille identique sur un service. Ces navires ne sont pas disponibles.

Chacun sa part de responsabilité

De plus, ajouter des navires sans accroître la flotte de conteneurs ne servirait à rien. « Il n’existe pas de conteneurs disponibles sur le marché. Augmenter la flotte de navires sans nouveaux conteneurs aggraverait les conditions du marché », assure le WSC. Et l’organisation des compagnies maritimes remet tout le monde à sa place. « La logistique des conteneurs est constituée de nombreux maillons. Chacun doit prendre des décisions à prendre pour s’assurer que les marchandises arrivent à bon port ».

Arrêter les pratiques néfastes

Face à la situation, le WSC appelle à une meilleure communication entre toutes les parties de la supply chain du conteneur. « Il faut aussi mettre un terme à des pratiques qui pèsent sur l’organisation du marché, comme les réservations fantômes, l’absence lors des rendez-vous dans les terminaux ou se servir des conteneurs comme d’un espace de stockage ».

Le panier de la ménagère

Au final, entre les opérateurs, les administrations, les armateurs, les commissionnaires et les manutentionnaires, chacun semble avoir une part de responsabilité dans la difficulté de trouver des conteneurs. Or, comme le disent les africains avec sagesse, « c’est le panier de la ménagère qui paye les pots cassés avec des prix qui augmentent ».

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