Conteneurs : les armements ont tiré profit de la croissance au premier trimestre

Avec la reprise économique, les armateurs opérant dans les conteneurs ont enregistré de fortes croissances de leurs volumes et de leur rentabilité au cours du premier trimestre.

La reprise économique de ce début d’année a eu des effets directs dans les résultats des principaux armements opérant dans le conteneur. Les chiffres présentés ci-dessous reprennent quelques éléments tirés des rapports trimestriels de différents armateurs.

Armements C.A (en M$) Évol. Ebitda (en M$) Évol. Vol. (1000 EVP) Évol.
Cosco SL 9 960 79,6% 3 470 330% 6 783 20,9%
Mærsk 9 418 31,1% 3 444 193% 6 444 5,7%
CMA CGM 8 590 57,4% 2975 273% 5 460 10,7%
Hapag Lloyd 4 903 33,0% 1 909 269% 2 975 -2,6%
ZIM 1 744 112,0% 821 724% 818 28,2%

 

Hausse de 8,4% des flux conteneurs

Dans son rapport annuel, Mærsk annonce une reprise des volumes de l’ordre de 8,4% sur le premier trimestre 2021. En agissant sur la consommation, les gouvernements ont permis le retour à la croissance, « même si cela a eu des effets plus sur la consommation de services que de biens de consommation », souligne le rapport trimestriel de l’armateur.

Asie-Europe: +14%

Globalement, les flux sont en nette progression. Ainsi, les importations asiatiques pour le continent américain ont progressé de 40%. Les flux d’Asie vers l’Europe ont, pour leur part, augmenter de 14%. Des chiffres qui se comparent avec la période 2020 au cours de laquelle le monde est entré en confinement. « Globalement, le trafic conteneurisé devrait augmenter entre 5 et 7% en 2021 contre une baisse de 1,8% en 2020 », continue l’analyse de Mærsk.

L’effet canal de Suez

La progression du trafic doit aussi s’analyser au regard des différents événements qui se sont déroulés pendant cette période. Ainsi, le blocage pendant six jours du canal de Suez a largement impacté les chaînes logistiques. Le retard des navires aux ports et le détournement de certains ont lourdement impacté les approvisionnements.

Le manque de conteneurs et les blanks sailings

De plus, le manque de conteneurs sur les premiers mois de 2021 a continué. La demande importante par les chargeurs européens et américains a pesé sur les trafics. Les chargeurs chinois ont été privilégiés face à leurs homologues de l’ouest. Les armateurs se plaignent de congestion dans les ports européens et nord-américains quand ils continuent d’annuler des escales.

Réduction de la flotte à l’ancre

Pour répondre à la croissance de la demande, les armateurs ont réduit la flotte à l’ancre. À la fin du premier trimestre, la flotte à l’ancre n’a concerné que 1% de la flotte mondiale conteneurisé, contre 3,6% un an plus tôt.

Des facteurs qui ont influencé le niveau des taux de fret. Globalement, selon les China Composite Freight Index, les taux de fret en sortie d’Asie vers l’Europe et les États-Unis ont augmenté de 111%, par rapport au premier trimestre 2020. Une augmentation qui a permis aux chiffres d’affaires des armateurs d’augmenter. Une hausse qui s’évalue entre 30% et 80% selon les armateurs, voire plus de 110% pour l’armement israélien ZIM.

Hausse des taux de fret sur l’Afrique sub-saharienne

L’armement ZIM annonce une hausse globale de son chiffre d’affaires par EVP de 76% à 1925$/EVP. Pour sa part, Cosco Shipping Lines constate une augmentation de ses revenus de 157% à 2 726 M$ sur la route Asie-Europe. Cette progression se décline aussi sur les trafics avec l’hémisphère sud. Ainsi, pour Cosco SL, le revenu par EVP entre Shanghai et l’Afrique sub-saharienne a progressé de 183% à 2950$.

Baisse des coûts opérationnels

La bonne performance des chiffres d’affaires par EVP des armements s’est combinée avec une baisse des coûts opérationnels. Le coût des soutes à 384$/t en moyenne sur les trois premiers mois de cette année a permis d’améliorer sensiblement les résultats opérationnels. La rentabilité des armements progresse plus rapidement avec des taux moyens aux environs de 200%.

Maintenir la rentabilité

Les mois à venir vont être importants pour les armements. D’une part, ils devront maintenir leur santé financière. Depuis de nombreuses années, les armateurs ont dû faire face à des pertes parfois colossales sur certaines routes. Les bons chiffres de ce début d’année leur permet de “se refaire une trésorerie”.

Répondre à la demande des chargeurs

D’autre part, les armements devront aussi répondre à la croissance de la demande des chargeurs européens, américains et africains. Des industriels ont décidé de revenir à des chargements de navires conventionnels pour faire face au manque de conteneurs, comme cela a été le cas pour les exportateurs de bois.