Conteneurs : avec la crise les négociants en produits forestiers reviennent aux navires conventionnels

Face au manque de conteneurs, les importateurs de bois en provenance d’Afrique ont changé d’attitude. Ils se tournent désormais vers les navires conventionnels.

Véritable retour en arrière de la position des importateurs de bois. Dans sa newsletter sur les échanges des bois tropicaux du 1er au 15 mai, l’ITTO (International Trade Timber Organization, organisation des échanges internationaux du bois) s’inquiète de la crise des conteneurs.

Manque de conteneurs en Afrique de l’ouest

Ainsi, en sortie d’Afrique de l’Ouest, des opérateurs ont fait appel à des navires conventionnels pour acheminer leurs produits vers le marché européen ou asiatique. La cause ? le manque de conteneurs disponibles sur le marché. Et l’organisation internationale rappelle que selon Drewry, le coût du conteneur 40’ a augmenté de 270% en un an pour atteindre 5 472$.

Le bois remplace le ciment

À titre d’exemple, face à l’absence de disponibilité des conteneurs, des bois sciés ont été chargés à bord de navire destiné au trafic de ciment ou d’autres produits dans la région. Le risque est grand pour les principaux opérateurs conteneurisés de la région, à l’image de Mærsk, CMA CGM ou MSC de perdre à tout jamais ces clients. L’ITTO assure que les armateurs font leur possible pour assurer la livraison de conteneurs sur place.

Un défi logistique

Selon une étude menée en Grande-Bretagne par l’organisation nationale des importateurs de bois, les contrats négociés en 2020 trouvent encore des espaces à bord des navires. À l’inverse, en raison de problèmes logistiques, pour les essences comme le Sapele, le Sipo et l’Iroko, de nombreuses scieries ont suspendu les ordres. « Les nouveaux contrats pour une expédition en 2021 sont devenus un défi. Les quelques scieries qui disposent de capacité pour prendre de nouveaux contrats et les expédier rapidement prennent des parts de marché avec des prix élevés », indique le rapport.

Navires conventionnels au départ de Malaisie

La même situation se retrouve en Malaisie. Selon une étude menée par une organisation professionnelle du bois en Grande-Bretagne, les produits comme le meranti et le keruing en provenance de Malaisie ont été chargés à bord de navires conventionnels « pour la première fois depuis 30 ans », indique le document.

Des taux de fret multipliés par 4 ou 5

Selon les derniers chiffres, les taux de fret depuis le sud-est asiatique vers l’Europe ont été multipliés par quatre ou cinq depuis le mois de décembre. La période du Nouvel an chinois a permis de stabiliser ces taux de fret à des niveaux hauts sans avoir de nouvelles hausses. Pour les acheteurs européens, la tâche est désormais de renégocier les contrats avec ces nouveaux taux de fret.

Conditions de déchargement à Tilbury

Le retour à un chargement de bois par navire conventionnel reste sous la loupe des opérateurs. Ils attendent de voir les conditions de manutention au déchargement qui vont s’opérer dans le port de Tilbury. Un second navire conventionnel est prévu d’aller charger du bois en Malaisie dans le courant du mois de juin.

Un taux divisé par deux

Les premiers chiffres indiquent que les taux de fret par navire conventionnel entre la Malaisie et la Grande-Bretagne s’établissent entre 150 et 170 $/m3. Le même chargement par conteneurs serait facturé entre 280$ et 460$/m3, selon le lieu de chargement et le volume chargé dans la boîte.