Piraterie dans le Golfe de Guinée : les organisations appellent à des mesures

Dans une déclaration publiée le 17 mai, plusieurs organisations internationales maritimes et des armateurs demandent des mesures pour faire cesser la piraterie dans le golfe de Guinée.

En 2020, sur les 135 marins kidnappés dans le monde, 90% des attaques ont eu lieu dans le golfe de Guinée. « Des actes de piraterie survenus dans les eaux internationales dans un espace qui représente 20% de la zone affectée par les pirates somaliens. Les pirates lancent leurs assauts depuis le delta du Niger, endroit dans lequel ils détiennent leurs otages », indique la déclaration.

Cinq raisons pour agir

Dans la déclaration, les signataires déclarent la situation intenable pour les marins et ce pour cinq raisons :

  • Le bilan humain est important pour les marins victimes de violences physiques ou morales;
  • Les attaques sont prévisibles. Elles se situent dans un espace restreint;
  • Les opérateurs logistiques et les consommateurs régionaux payent un surcoût en raison de ces attaques pour assurer la sécurité;
  • Les sociétés privées de sécurité sous contrôle des États locaux empêchent de trouver une solution durable;
  • Les conditions sécuritaires déplorables entravent les investissements.

Des solutions militaires

Face à la situation, armateurs et organisations internationales appellent à des solutions militaires. Selon le Bimco, deux frégates avec des hélicoptères et un avion de patrouille maritime pourraient permettre de lutter efficacement contre la piraterie dans la région. Le Bimco soutient que des États tiers à la région doivent, à tour de rôle, fournir ces dispositifs.

Une solution temporaire

« Cette déclaration ne vient pas trouver une solution à long terme mais permettre aux marins d’exercer leur activité dans des conditions normales », indique le Bimco. Les causes de la piraterie dans le golfe de Guinée sont à trouver au Nigéria. « Quelque 30 million de personnes vivent dans le delta du Niger, dont certains dans des conditions sociales difficiles. Il serait naïf de penser que quiconque hormis le Nigéria peut trouver une solution à la situation sociale locale », continue l’organisation des armateurs.

La sécurité source d’investissements

Cette déclaration intervient quelques mois après la demande par le groupe Mærsk de l’envoi par la France de dispositifs militaires. Face à l’absence de réaction de Paris, la marine danoise a dépêché sur zone une frégate. Cette solution temporaire a porté des fruits. Dans la déclaration, les armateurs et organisations internationales appuient leur demande en rappelant que la sécurité est source d’investissements, notamment dans l’économie bleue.