Feport : la congestion portuaire n’est pas le seul fait des manutentionnaires

À l’occasion de son assemblée générale la Feport a rappelé les  événements qui ont pesé sur les opérateurs de terminaux. Les adhérents se défendent de considérer la congestion portuaire comme le fait des manutentionnaires.

Dans le contexte actuel de la chaîne logistique maritime, la Feport appelle à un dialogue constructif avec les représentants de la Commission européenne pour identifier les causes réelles de ces perturbations dans la chaîne logistique maritime.

Un débat au Parlement européen

Le 25 novembre, le Parlement européen a inscrit à l’ordre du jour l’analyse de la situation de la chaîne logistique maritime. Un débat qui a posé les bases d’un dialogue entre les opérateurs de la chaîne logistique et de la Commission. Pour l’autorité européenne, représentée par la commissaire en charge de l’égalité, « la règlementation et l’intervention dans le marché ne peut se substituer aux mécanismes du marché pour résoudre la congestion portuaire. Cependant, pour les marchés qui sont interconnectés, des actions communes sont la meilleure réponse ».

La nécessité d’un véritable débat

Une réponse vague qui a amené le président de la Feport, Gunther Bonz, à demander un débat argumenté sur les causes et les conséquences des perturbations de la chaîne logistique maritime. Pour les opérateurs privés de terminaux portuaires, les ports subissent une forte pression « en raison de pratiques et d’événements perturbateurs qui sont survenus en 2021 comme le manque de fiabilité des escales, les annulations d’escale, le blocage du canal de Suez, la fermeture de ports en Chine, le manque de chauffeurs routiers et d’équipements routiers dans des ports non européens. »

La profession a su faire preuve de résilience

Lien entre terre et mer dans la chaîne logistique, les manutentionnaires ont eu le mauvais rôle dans ces perturbations logistiques. « Il est regrettable que la congestion portuaire soit perçue comme la principale cause des perturbations de la chaîne logistique et que la situation dans des ports de pays tiers amène une généralisation s’appliquant aux ports européens », a souligné un texte de la Feport. Pour l’organisation européenne des opérateurs portuaires privés, cette attitude est injuste alors que les sociétés de manutention et leurs salariés ont déployé tous les efforts nécessaires pour assurer la continuité des opérations, malgré la situation, pour alimenter les rayons des magasins.

Une demi-heure de plus par terminal

Dans son analyse de la situation, le président de la Feport a rappelé que sur la première moitié de l’année 2020, le nombre de navires a sensiblement diminué. Le rebond du second semestre a entraîné une augmentation du trafic. Or, malgré les perturbations imposées par les armateurs, le temps passé d’escale dans les terminaux n’a que peu augmenté, indique la Feport. En moyenne, ce temps de manutention a augmenté de 2,9%, indique la Feport comparativement à 2019. « Cela se traduit par une augmentation d’une demi-heure par terminal, négligeable par rapport au temps de transport d’une rotation complète d’un navire », continue le texte de la Feport.

La fiabilité des services maritimes mise en cause

L’organisation européenne des opérateurs privés de terminaux met l’accent sur le peu de fiabilité des services des lignes régulières maritimes. D’après une étude réalisée par Sea Intelligence, deux navires sur trois enregistrent des retards sur leurs horaires. Pour l’analyste maritime, la fiabilité des lignes maritimes en septembre 2021 a perdu 22 points. Globalement, sur l’année 2021, Sea-Intelligence considère que la fiabilité des services s’établie entre 34% et 40%.

Les ports ne sont pas l’amortisseur des perturbations armatoriales

Les annulations de dernière minute des escales, le manque d’anticipation des lignes maritimes ont mis les ports dans une situation de zone tampon entre terre et mer. « Les ports ne peuvent plus être l’amortisseur qui absorbent les inefficacités de la chaîne logistique », a déclaré le président de la Feport.