GPM Nantes Saint-Nazaire : le GNL a limité les baisses de trafic en 2020

Le Grand port maritime de Nantes Saint-Nazaire a enregistré une baisse de ses trafics en 2020. La crise sanitaire a impacté l’ensemble des filières du port. Les premiers mois de 2021 ne sont guère meilleurs.

L’année 2020 a été tout aussi difficile sur les bords de la Loire que dans le reste du pays. Avec un trafic de 28 Mt, le Grand port maritime de Nantes Saint-Nazaire affiche une baisse de 8,8%. Les effets de la crise sanitaire se sont durement fait sentir. « La mobilisation des acteurs portuaires et la mise en place d’un plan de continuité ont permis d’atténuer les effets », souligne le Grand port maritime.

Une baisse moindre que dans les autres ports

La baisse générale des trafics reste malgré tout moins catastrophique que dans les autres établissements français, note la direction du port. La baisse de 8,8% doit être comparée aux diminutions à deux chiffres dans les autres ports français.

Port éminemment tourné vers l’énergie, Nantes Saint-Nazaire a pu gagner des parts de marché sur le GNL. Avec 8,8 Mt réalisées en 2020, le port ligérien a battu son propre record sur cette filière. « La forte progression de ces trafics démontre de la bonne performance technique de nos installations et des tarifs intéressants que nous proposons », explique le président du directoire du GPM, Olivier Trétout.

GNL: développer une activité de bunkering

Du GNL qui arrive principalement de Russie, des États-Unis, du Qatar et d’Afrique de l’ouest. Le port mise sur cette filière. « Nous pensons pouvoir arriver à un trafic de 10 Mt d’ici deux ou trois ans. Nous souhaitons investir sur différents dispositifs », continue le président du directoire. Déjà le port réalise des transbordements de navire à navire, il dispose d’une ligne de regazéification et, enfin, du transport de GNL par voie routière et ferroviaire. Dans le projet de développement de cette filière, le président du directoire envisage de devenir un centre de distribution pour les soutes. « Nous avons le potentiel pour entrer dans cette activité mais nous devons nous équiper ».

Pétrole brut: le raffinage en difficulté

Si le GNL a connu une année faste en 2020, les autres trafics énergétiques ont connu des sorts moins enthousiasmants. Ainsi, le trafic de pétrole brut et ceux de produits raffinés accusent des baisses. La baisse de trafic de brut s’élève à 24% à 5,9 Mt. « La baisse des marges de raffinage a amené le groupe Total à suspendre les opérations de la raffinerie de Donges. La reprise n’est pas attendue avant le milieu de l’année », précise Olivier Trétout.

Diminution des exportations de produits raffinés

Dans ce contexte de baisse de l’activité de raffinage, la conséquence directe a été une diminution des trafics de produits raffinés. En effet, le port a développé au cours des années des flux d’exportation de produits raffinés issus de la raffinerie de Donges. De ce fait, les exportations de produits raffinés ont perdu 22% à 3 Mt. Pour compenser le manque de produits raffinés de la raffinerie, Total a importé ce type de produits. Ainsi, ces importations ont pesé 1,6 Mt, soit une hausse de 18%.

Cordemais: un outil important pour la Bretagne

Toujours dans le secteur énergétique, le charbon, destiné à la centrale de Cordemais, a enregistré une baisse de trafic. Avec 200 000 t, ce secteur accuse un fort repli. « Les années précédentes, nous réalisions un trafic entre 1,5 Mt et 2 Mt. Même si cette filière perd de son volume, nous assurons toujours de l’approvisionnement pour la centrale. Elle continue à jouer un rôle dans la fourniture d’énergie pour la région Bretagne », explique Olivier Trétout.

Le projet d’Eco Combust

La fin du charbon pour la centrale de Cordemais ne devrait pas condamner la fin de la centrale. Le projet d’Eco Combust doit permettre de passer cette centrale depuis le charbon vers de la biomasse. Le projet prévoit de bruler 80% de biomasse et 20% de charbon. « Nous devrions avoir la décision sur l’avenir de cette centrale dans les prochains mois », assure le président du directoire.

Céréales: un bon premier semestre

En marge des vracs énergétiques, le Grand port maritime de Saint-Nazaire dispose d’une activité sur les produits agro-alimentaires. Du côté des céréales, le port a enregistré une hausse de ses trafics. Avec 800 000 t, les céréales augmentent de 21%. Le port a profité de la bonne campagne céréalière 2019/2020. La récolte plus pauvre en 2020 a mis un coup de frein au second semestre.

Hausse des aliments pour bétail

Les vracs destinés à l’alimentation animale ont aussi connu une progression. Ils totalisent 2,1 Mt, soit une hausse de 11%. « Le terminal multivrac a été particulièrement sollicité pendant la première phase de la crise sanitaire. Cette situation résulte, en partie, d’une demande accrue en protéines des fabricants d’aliments du bétail lors du premier confinement, afin de constituer des stocks et répondre aux besoins des éleveurs. »

Quant aux vracs pour les matériaux de construction, ils enregistrent une baisse en raison de l’arrêt des chantiers pendant le premier confinement. Le clinker se stabilise et les trafics de sable de mer perdent 7% à 1,2 Mt.

Ferrailles: arrêt temporaire du broyeur

Enfin, les vracs de ferrailles ont perdu de leur volume. L’arrêt temporaire des broyeurs, lié à la baisse de la demande de la sidérurgie, a obligé le groupe Derichebourg, opérateur du broyeur, à suspendre l’activité. Au final, les ferrailles perdent 7% à 400 000 t.

Roulier: arrêt de la ligne de Suardiaz

Les marchandises diverses ont aussi subi de fortes baisses. Le terminal roulier a vu ses trafics se réduire en raison de la baisse de la demande en véhicules neufs. Tant les entrées de voitures neuves que le trafic d’Airbus ont subi le contrecoup de la crise sanitaire. La ligne opérée par Suardiaz a été arrêtée pendant un mois et demi en raison de l’arrêt des usines de production et des concessions automobiles en France.

Conteneurs: mouvements sociaux et crise sanitaire

Quant au terminal à conteneurs de Montoir de Bretagne, le GPM de Nantes Saint-Nazaire a vu son trafic diminuer de 10% à 153 000 EVP. Le recul des conteneurs se manifeste tant du côté des importations que des exportations. Le port a souffert en 2020. Les mouvements sociaux dans les ports en début d’année et la crise sanitaire ont pesé. Enfin, les armateurs ont procédé à de nombreuses annulations d’escale.

Avant un retour à la “normale”

Les premiers mois de 2021 ne sont guère mieux. « Sur les deux premiers mois de l’année, les trafics ont continué à baisser. Nous avons touché le fond », indique Olivier Trétout. En janvier, le port affiche une baisse de 40% de son trafic alors que le mois de janvier 2020 était déjà faible avec les mouvements sociaux. Le port estime que les trafics repartiront à la hausse, quand le retour « à une vie normale » pourra se faire. En attendant, c’est toute l’économie portuaire qu’il faut ajuster pendant cette période de crise.