La Cnuced a publié son Étude sur les transports maritimes

Le 18 novembre, la Cnuced a publié l’Étude sur les transports maritimes. Véritable bible du transport maritime, ce document offre les principales statistiques du transport maritime sur l’année 2020. Elle fait le point sur des situations particulières et notamment la Zlecaf en Afrique ou encore la Covid et l’Amérique du Sud.

L’année 2020 a été difficile pour le monde du transport maritime. L’Étude sur les transports maritimes de la Cnuced nous le rappelle. L’organisation internationale souligne qu’au cours de cette année, le volume transporté a baissé de 3,8% à 10,6 Mdt. Une diminution qui fait suite à une faible augmentation en 2019. En effet, au cours de cette année, les volumes chargés sur des navires a augmenté de 0,5%. Sur les années 2015 à 2018, le trafic maritime a progressé entre 2,5% et 4,1%.

Pétrole: une baisse de 7,7%

L’Étude sur les transports maritimes de la Cnuced est téléchargeable en cliquant sur l’image.

Le secteur pétrolier a été le plus durement touché, indique le rapport de la Cnuced. En effet, en 2020, ces flux, comprenant le pétrole brut, les produits pétroliers et le gaz, ont perdu 7,7% à 2,9 Mdt. La plus forte baisse a été pour le pétrole brut qui accuse une baisse de 7,8% à 1,7 Mdt. La mise en sommeil de l’économie pendant la pandémie a pesé sur ces flux.

Forte baisse du charbon

Pour leur part, les vracs secs accusent un repli de 1,5% à 5,2 Mdt. La principale baisse est à mettre au passif des trafics de charbon qui ont perdu 9,3% en raison de la réduction de la demande en énergie. De leur côté, les minerais de fer et les céréales ont gardé des trafics à la hausse. Les minerais de fer ont progressé de 3,2% et les céréales de 7,1%.

Conteneurs: 149 MEVP traités

Enfin, les conteneurs ont limité les pertes. Ils affichent une diminution de 1,1% à 149 MEVP. « Un résultat meilleur qu’attendu », note la Cnuced. En 2009, pendant le plus fort de la crise financière, le trafic conteneurisé a perdu 8,4%. Les observateurs craignaient de voir une situation analogue se reproduire. Il n’en a rien été. Cette baisse limitée est liée, selon les auteurs du rapport de la Cnuced, aux incitations gouvernementales édictées dans de nombreux pays pour la reprise de la consommation.

Zleca: augmenter les échanges commerciaux intra-africains

Parallèlement aux données sur les trafics maritimes mondiaux, l’étude de la Cnuced revient sur des éléments intervenus au cours de l’année. Ainsi, l’étude revient sur la future mise en place de la Zleca (Zone de libre échange continentale africaine). Mis en place depuis le 1er janvier, l’accord prévoit d’éliminer les droits à l’importation et de réduire les barrières non tarifaires. Pour la Cnuced, la Zleca « pourrait stimuler les échanges commerciaux intra-africains d’environ 33 % et réduire de 51 % le déficit commercial du continent. »

Des besoins en navire et en infrastructure

Ces perspectives vont avoir des effets importants sur la logistique portuaire. En augmentant le transport intra-africain, la Zleca va amener les États du continent à investir dans le transport maritime et dans de nouvelles infrastructures portuaires. Les premières études montrent que les besoins en navires devraient augmenter de 188% pour le vrac et de 180% pour les conteneurs. « Le rapport souligne également le besoin pressant de financer et de développer en Afrique des infrastructures et des services de transport adéquats pour soutenir la connectivité maritime et tirer pleinement parti des avantages que présente la Zleca », indique le rapport.

Connectivité des transports en baisse

Cette nouvelle zone de libre-échange ne doit pas cacher les défis à relever. La connectivité des transports et la baisse des volumes maritimes due aux perturbations causées par la pandémie doivent encore être réglés. En 2020, les échanges maritimes de l’Afrique ont accusé une baisse de 7,6%. La reprise du trafic en 2021 est inégale et le continent voit ses exportations encore sous pression. Et pour la Cnuced, les temps d’attente des navires devant les ports restent encore longs dans certains pays, comme au Nigéria, au Soudan et en Tanzanie.

Amérique du Sud: baisse du trafic maritime de 3,4%

Un autre sujet longuement abordé par le rapport de la Cnuced a été l’effet de la pandémie sur les trafics maritimes en Amérique Latine. Dans cette région, la baisse du trafic maritime est estimée à 3,4%. Une diminution qui tient à la baisse du PIB de 7,1% en 2020. Le trafic conteneurisé s’en est ressenti avec une baisse de 1,8% en 2020 à 59 MEVP traités.

Dans la filière des vracs, le système portuaire sud-américain n’est pas homogène. Il diffère « en termes de maturité et de productivité, indique le rapport. La productivité est plus élevée dans les pays les plus spécialisés, comme en Argentine, au Brésil et en Colombie, qui déplacent près de 600 Mt par an ».

Conteneurs: forte croissance

Du côté des conteneurs, la région a connu une énorme croissance. Les progrès en matière de numérisation et d’opérations électroniques ont été lents, et les procédures réglementaires ne sont pas encore très transparentes, ce qui rend difficile la promotion d’une concurrence efficace. La planification à long terme a montré un manque de prévoyance concernant les ports et la connectivité avec les infrastructures de l’arrière-pays.