Le rapport sur la compétitivité des ports reçoit un satisfecit des organisations professionnelles
Après la publication, le 7 juillet, du rapport des deux députés, Agnès Firmin Le Bodo et Matthias Renault, les organisations professionnelles saluent les propositions. L’UMPF et TLF attendent désormais des actes.
Le rapport sur la compétitivité des ports français, publié le 7 juillet, ne laisse pas les organisations professionnelles indifférentes. Depuis 2021, les parlementaires ne s’étaient pas penchés sur les questions portuaires. Les deux députés Agnès Firmin Le Bodo et Matthias Renault mettent le sujet des ports sur la table.
Un examen lucide
Pour les organisations professionnelles impliquées dans la logistique portuaire, le document constitue un point important. Pour le président de TLF Overseas, Philippe de Crécy, « les quarante recommandations dessinent une trajectoire crédible qui restera à tenir. » L’organisation des commissionnaires en transport « salue un examen lucide de ce qui détourne les flux vers Anvers, Rotterdam ou Hambourg. La mission a écouté les clients des ports, commissionnaires de transport, compagnies maritimes, chargeurs, transporteurs. » Une opinion partagée par l’Union maritime et portuaire de France (UMPF). Elle « salue la qualité et la rigueur des travaux ».
La retranscription de la voix des opérateurs
Le rapport reprend plusieurs thèmes chers à la profession comme la dégradation de la qualité de service des compagnies maritimes, la congestion portuaire, la recomposition des alliance et l’érosion des parts de marché. « Les difficultés sont nommées, mesurées, situées. » TLF Overseas, entendue tout au long des travaux, y retrouve la voix des opérateurs. Ces avancées témoignent d’une écoute réelle des acteurs économiques du secteur, ajoute l’UMPF. Le rapport retranscrit la prise de conscience de l’urgence à agir pour que les ports français retrouvent leur rang dans la compétition européenne et internationale.
Les ports, une gateway fiable et compétitive
Ce document reprend aussi la vocation première des ports selon TLF. « Un port n’a de sens que par sa capacité à faire circuler la marchandise. Sa vocation première n’est ni immobilière ni foncière. Elle est d’être une porte d’entrée et de sortie fiable, rapide et compétitive pour les chaînes logistiques. C’est en remettant cette fonction de gateway au cœur des politiques portuaires que les ports français regagneront durablement les parts de marché perdues », continue Philippe de Crécy.
Le renforcement de la gouvernance public-privé
De son côté, l’UMPF se réjouit de voir nombre de ses propositions reprises par ce rapport. Ainsi, parmi les propositions faites par l’UMPF se retrouve, dans le document le renforcement d’une gouvernance public-privé, la simplification et la sécurisation du foncier. D’autres thèmes défendus par plusieurs organisations sont intégrés comme l’allongement de la durée des projets stratégiques des GPM, le redéploiement intégral des recettes de l’ETS vers l’investissement et la décarbonation, la sécurisation du financement du dragage ou encore l’exemption de l’ETS pour les territoires ultramarins.
Un plan de continuité en cas de blocage
De son côté TLF Overseas félicite les rapporteurs d’avoir insérés plusieurs « leviers que nous défendons de longue date. » Ainsi, l’organisation souligne les effets négatifs des mouvements sociaux dans les ports. Ils « abîment leur réputation ». Elle propose donc que « chaque place portuaire active un plan de continuité en cas de blocage, comme le propose la mission ». Un sujet récurrent dans la filière portuaire qui fait débat depuis de nombreuses années.
Le foncier logistique à réserver aux activités maritime-portuaires
Autre sujet cher à TLF Overseas, le foncier logistique doit faire l’objet d’une révision. L’organisation demande de réserver les espaces bord à quai aux activités maritime-portuaires. De plus, elle appelle à contenir la hausse des charges domaniales, pour rendre aux investisseurs un horizon plus claire. « Aujourd’hui, il est bouché par l’empilement des contraintes. » Enfin, TLF Overseas s’attaque à la gouvernance. Elle demande une stratégie nationale avec des objectifs mesurables, une loi de programmation et l’ouverture des conseils de surveillance des GPM au privé.
Deux organisations disponibles pour la suite
Après le temps de lecture, les organisations professionnelles attendent le passage aux actes. « Ce qui a manqué jusqu’ici, c’est une trajectoire tenue dans la durée. C’est le rendez-vous que ce rapport fixe aux responsables politiques. TLF Overseas sera un partenaire exigeant mais constructif pour faire de nos ports, des atouts de souveraineté. » Même son de cloche de l’UMPF. Elle se dit « disponible et attentive aux suites qui seront données à ce rapport ». Elle se dit prête à participer à la traduction des recommandations dans les textes législatifs et réglementaires à venir ou des arbitrages relatifs à l’organisation de la gouvernance portuaire.

