Corridors et logistique

Soja : la Chine renforce son rôle moteur, le Brésil domine ses approvisionnements maritimes

Les importations de soja de la Chine progressent en 2026. Le Brésil conserve une place prépondérante dans ses approvisionnements. Les approvisionnements des États-Unis baissent.

Les flux de soja poursuivent leur croissance, indique le courtier de fret Intermodal dans sa newsletter. En 2025, les exportations mondiales par mer ont atteint 159,9 Mt, en hausse de 4,6% sur un an. La progression s’est accélérée sur les huit premiers mois de 2026. En effet, les volumes totalisent 122,6 Mt. Un trafic en progression de 6,4% par rapport à 2025.

La Chine premier importateur

La Chine reste de loin la première destination. Elle représente 65% des importations mondiales de soja de janvier à août. Ses achats ont atteint 107,6 Mt en 2025, puis 75,5 Mt sur les huit premiers mois de 2026, en progression de 4%. Cette concentration fait de la Chine un marché déterminant pour les routes maritimes du soja et. En 2025, le port chinois de Rizhao a occupé la première place avec 9,6 Mt. Il précède Machong qui a réalisé 7,4 Mt, Tianjin (7,2 Mt) et Zhangjiagang (7 Mt). La Chine a mis sur pied une stratégie de diversification des ports d’entrée.

Le Brésil, fournisseur incontournable de soja

Le poids du Brésil dans les flux vers la Chine est particulièrement marqué. De janvier à août, le pays a fourni 57 Mt de soja à la Chine. Il entre à hauteur de 75,5% des importations chinoises. Les volumes brésiliens varient peu d’une année sur l’autre. Ils enregistrent une progression de 0,4%. Cette stabilité n’efface pas la domination du Brésil à l’échelle mondiale. Une position que le pays occupe aussi au niveau mondial. Ainsi, il pèse 77,8% des flux maritimes de soja entre janvier et août 2026. Le Brésil a exporté 95,3 Mt. Un volume en hausse 6,5% comparativement à 2025. Les États-Unis arrivent en deuxième position avec 15,7% des exportations mondiales.

Des navires Panamax au cœur de la logistique

La taille des navires mobilisés souligne l’importance des capacités portuaires et des infrastructures de réception. En 2025, 93,1% des importations chinoises de soja sont transportées par des Panamax et des Kamsarmax compris. Enfin, Les Supramax ont entrent aussi dans ces volumes avec 6,3% des volumes. La saisonnalité des récoltes façonne également le calendrier des flux. Les exportations brésiliennes sont principalement chargées de février à juillet. Elles apparaissent dans les statistiques d’importation chinoises de mars à août. Le pic des expéditions américaines survient généralement au quatrième trimestre.

Le recul des approvisionnements depuis les États-Unis

Sur les huit mois de 2026, les importations de soja américain en Chine ont reculé de 1,1% sur un an, à 12,3 Mt. En 2024, les États-Unis ont expédié 13,9 Mt. Cette baisse des approvisionnements chinois par les Américains s’étend sur les dernières années. La campagne d’exportation américaine du quatrième trimestre sera donc un indicateur à suivre. Elle permettra de mesurer la part des États-Unis en Chine face au Brésil qui conserve une position dominante. Reuters souligne que la Chine devrait diminuer dans les mois à venir les importations de soja. « La faiblesse de la demande en aliments pour animaux et des marges de trituration négatives laisse peu de place aux cargaisons américaines. De plus, elles sont exclues des allègements tarifaires proposés à l’issue du sommet de Washington de la semaine dernière », indique Reuters dans une dépêche.

Les réserves sont suffisantes jusqu’en février

Les stocks chinois et les achats réalisés permettent à la Chine de disposer de réserves jusqu’au Nouvel an lunaire de février. « Nous avons réservé toutes les livraisons d’octobre et une grande partie de celles de novembre en provenance du Brésil et d’Argentine », a déclaré un cadre d’une entreprise chinoise de transformation de graines oléagineuses. Nous ne souhaitons pas effectuer d’autres achats, car ceux-ci entraîneraient des pertes », continue l’agence de presse.