Bordeaux: un complexe industrialo-portuaire qui regroupe 8100 emplois

L’Insee a publié le 8 juillet, une étude sur le poids économique et social du complexe industrialo-portuaire de Bordeaux en 2017. Il apparaît que le GPM de Bordeaux emploie, au global 8100 salariés.

En fin d’année 2017, le complexe industrialo-portuaire (CIP) de Bordeaux emploie 8100 personnes, selon la note de synthèse publiée par l’Insee Nouvelle Aquitaine. Dans son étude, l’Insee prend en compte toutes les activités liées au GPM de Bordeaux. En effet, cela va plus loin que la seule activité bord à quai. Elle intègre aussi la déconstruction de navires, la construction de plaisance et les sous-traitants.

De 2017 à 2020, le GPM de Bordeaux a perdu 20% de son trafic

L’étude a été réalisée au cours de l’année 2017. Le trafic du GPM de Bordeaux s’est élevé à 7,3 Mt sur cet exercice. En 2020, le trafic du GPM de Bordeaux s’est limité à 6,04 Mt, en baisse de 11,2%. Entre 2017 et 2020, le trafic du GPM de Bordeaux a perdu 20,7%. Un élément qui devrait peser sur l’emploi en 2020 du complexe industrialo-portuaire de Bordeaux.

70% des établissements en bord à quai

Cependant, si le CIP est appréhendé de façon large, les zones industrialo-portuaires concentrent leur activité sur le trafic maritime du GPM de Bordeaux. En effet, « les espaces bords à quai abritent près de 70 % des établissements composant le CIP du port de Bordeaux. Au-delà de ces zones, le CIP s’étend également sur 20 communes du territoire girondin », indique l’étude de l’Insee.

8 100 salariés directs et indirects

Au global, le GPM de Bordeaux totalise 8 100 salariés directement ou indirectement. Ils sont répartis dans 274 établissements. Des chiffres qui laissent un goût amer pour la région Nouvelle Aquitaine. Dans son étude, l’Insee compare le poids social du CIP de Bordeaux à d’autres en France.

GPM Bordeaux Insee
Les sites du GPM de Bordeaux. © Insee

« Comparé à d’autres ports de France métropolitaine, l’impact économique du CIP dans le département est faible, tant en emplois qu’en richesse produite », indique l’étude de l’Insee. Installé surtout dans le département de la Gironde, le complexe industrialo-portuaire emploie 1,2% des salariés du département. Au Havre et à Marseille, l’emploi généré par le complexe industrialo-portuaire passe la barre des 5%. À Rouen et Nantes Saint-Nazaire, la proportion de salariés employés par le monde portuaire atteint 4%.

Faiblesse de la contribution à la richesse du département

Outre cette faiblesse de l’emploi, la contribution à la richesse du département demeure moins importante que dans les autres complexes industrialo-portuaires français. En effet, sur Bordeaux, la contribution à la richesse est évalué à 609 M€ en 2017, soit 1,7% de la valeur de la richesse du département.

1,1 emploi par tonne

Du côté emploi, chaque tonne qui transite par les quais du GPM de Bordeaux génère 1,1 emploi contre 0,6 emploi dans les autres CIP. « Comme dans les autres ports estuariens tels que Nantes ou Rouen, la tonne passant par le port de Bordeaux est davantage transformée par des industries proches du port. Elle contribue ainsi aux retombées économiques directes locales, à l’inverse de CIP spécialisés dans la logistique desservant d’autres régions françaises, adossés généralement à des ports de façade maritime », indique l’étude de l’Insee.

Bassens, principal lieu d’implantation

Outre cette forte dépendance entre activité salariée et trafic portuaire, dans certaines communes du département, à l’image de Bassens, la relation entre la ville et le port se caractérise par un lien fort. Principal lieu d’implantation des activités portuaires, Bassens regroupe près de 40 % des emplois du complexe. Ces emplois représentent 62 % de l’ensemble des emplois de la commune, ce qui en fait la commune la plus dépendante de l’activité portuaire. De même au Verdon-sur-Mer et à Ambès, les emplois locaux sont fortement dépendants (respectivement 40 % et 23 % des emplois salariés de la commune), même si ces communes ont un poids limité dans l’activité du port.

Trois communes totalisent 71% de l’emploi

Si le GPM de Bordeaux s’étend sur plusieurs dizaines de kilomètres, du Verdon à Bordeaux, trois communes concentrent à elles seules 71% de l’emploi : Bassens, Bordeaux et Bruges. Sur les 8 100 emplois du complexe industrialo-portuaire, Bassens pèse 3200 salariés, soit 40% du total. Un chiffre qui s’explique notamment par la présence sur le site du terminal à conteneurs, de silos et d’autres trafics comme le ciment. Vient ensuite la commune de Bordeaux avec 1 400 emplois, soit 17%. Sur la métropole bordelaise se concentre les activités administratives de nombreuses sociétés. Enfin, le site de Bruges rassemble 1 100 emplois, soit 13% des salariés du CIP. Bruges joue un rôle de plate-forme logistique en arrière-port des terminaux de Bordeaux.

Équilibre entre activité maritime et non maritime

Dans son étude, l’Insee estime que les emplois entre activité maritime et non maritime demeurent équilibrés. En effet, dans le complexe industrialo-portuaire, l’Insee estime à 3 700 le nombre de salariés relevant de l’activité maritime et portuaire, soit 46%. Ils se regroupent dans 109 établissements. Les activités maritimes totalisent, pour leur part, 4 400 emplois, soit 54%. Ils sont concentrés dans l’industrie à 40% et les transports terrestres à 35%.

La chimie, principal employeur dans l’industrie

Les emplois dans l’industrie sont principalement actifs dans le secteur de la chimie. Ils sont regroupés dans les usines de fabrication d’élastomère, de produits raffinés, d’huiles végétales et autres sociétés surtout implantées sur le site de Bassens. À Ambès, une usine d’engrais regroupe aussi une partie de ces emplois.

Bassens: nombreux emplois dans le transport terrestre

Les emplois relevant des transports terrestres se concentrent pour une bonne partie sur le site de Bassens. Ils représentent sept emplois sur dix. Quant à Bordeaux et Bruges, les emplois sont davantage tournés vers l’organisation de transport maritime et la construction navale.

Surtout des grandes entreprises et des entreprises de taille intermédiaire

Les entreprises implantées sur le CIP de Bordeaux sont des grandes entreprises et des entreprises de taille intermédiaire. Les secondes prédominent dans l’emploi maritime. Les grandes entreprises sont présentes dans l’industrie et le non maritime. En effet, selon l’étude de l’Insee, « les multinationales, françaises ou étrangères, emploient près des trois quarts des salariés, bien plus que dans le reste de la Gironde (43 %) ou qu’en France métropolitaine (47 %). D’ailleurs, les emplois du complexe sont deux fois plus souvent dépendants de centres de décision localisés à l’étranger que dans le reste du département. »

20% des emplois contrôlés par des sociétés baseés en Ile de France

Néanmoins, le contrôle des emplois reste majoritairement effectué par des sociétés françaises. Le centre de décision de ces emplois est localisé dans d’autres régions. Ainsi, l’Ile de France intervient pour 20% des emplois de la région. La qualification des salariés montre que le CIP de Bordeaux se compose d’un milieu ouvrier très masculin. En effet, la moitié des salariés sont des ouvriers qualifiés, « soit près de deux fois plus que dans le reste de la Gironde », souligne l’Insee. Les hommes occupent 75% des emplois du CIP contre à peine la moitié dans l’ensemble du département de la Gironde.

Les cadres sont principalement dans le maritime

À l’inverse, comparés au département toujours, les employés sont trois fois moins nombreux dans le CIP, et surtout présents dans les « services aux entreprises » et « l’organisation des transports ». Seule la proportion de cadres est identique à celle du reste du département. La plus grande part des postes de cadres observée dans les activités maritimes est liée à la présence du secteur de « gestion du port » qui emploie deux fois plus de cadres par rapport à la moyenne du CIP.

Des rémunérations attractives

Si les emplois du complexe industrialo-portuaire de Bordeaux sont majoritairement des ouvriers qualifiés, les rémunérations y sont plus attractives, relève l’Insee. Ils offrent des formes d’emploi plus stables et des rémunérations plus élevées que dans le reste de la Gironde. Avec 14,5 € nets de l’heure contre 12,1 €, soit un différentiel de 20 %, les entreprises du CIP offrent de meilleures rémunérations que celles du reste de la Gironde. À catégorie socioprofessionnelle équivalente, l’écart de rémunération est toujours en faveur du CIP, et encore plus pour les cadres et professions intellectuelles supérieures. Les postes dans le secteur maritime affichent un taux horaire plus élevé, certainement lié au fait de la présence plus importante de cadre. Ce taux est évalué à 15,2€ par heure dans le maritime contre 14€/h dans le non maritime.