GPM de Bordeaux : le port entre dans une phase de réaménagement

Avec une baisse de 11,6% de ses trafics, le Grand port maritime de Bordeaux reste juste au-dessus de la barre des 6 Mt. Un exploit dans la situation actuelle. Le port girondin mène tambour battant son réaménagement pour demain.

Sur les bords de la Gironde comme dans de nombreux ports français, la crise sanitaire a eu raison d’un certain nombre de trafics. Le port affiche une baisse de 11,6% à 6,04 Mt. Un chiffre qui ne doit pas faire cacher les bons résultats dans certaines filières. « La mobilisation de tous les acteurs portuaires a permis de continuer nos activités malgré la situation », indique Jean-Frédéric Laurent, président du directoire du GPM de Bordeaux.

hydrocarbures: baisse de 10,8%

Le GPM de Bordeaux demeure un port avec une prédominance des trafics de vracs. Les produits raffinés représentent plus de la moitié des trafics. En 2020, les hydrocarbures ont pesé 53%. Avec 3,2 Mt, cette filière a subi les effets de la baisse de consommation en raison de la crise sanitaire et la moindre utilisation des véhicules pendant le confinement. Au final, sur l’année, ils affichent une baisse de 10,8%.

Oléagineux: les exportations compensent les entrées

Le second grand courant du port bordelais est à mettre au profit des céréales et vracs agro-alimentaires. Les oléagineux ont vu leur trafic se contracter en 2020 de 18,7% à 416 937 t. La baisse d’activité des usines du groupe Avril, installées dans la région, ont lourdement pesé sur les entrées. « Plus globalement, corrige Jean-Frédéric Laurent, le trafic de cette filière est resté stable. Nous avons traité moins de graines en importation. Cependant, en sortie, les flux de tourteaux ont progressé. Au final nous affichons une stabilité de cette filière. »

Céréales: le blé a limité les baisses du maïs

Du côté des céréales, le GPM de Bordeaux est principalement actif sur le marché du maïs. En 2020, les trafics se sont bien comportés même si des baisses ont pu être enregistrées. Et pour aller encore plus loin, le port a profité d’une campagne céréalière abondante en 2019 et 2020. « Cette saison a permis de compenser quelque peu les trafics de maïs qu’il nous a manqué », ajoute le président du directoire.

Charbon: la baisse est structurelle

Parmi les courants qui ont tiré le GPM de Bordeaux vers le bas apparaissent les matériaux de construction et le charbon. Les premiers ont souffert de la crise sanitaire qui a mis à l’arrêt de nombreux chantiers. Quant au charbon, il est sur une baisse structurelle. Une modification des sources d’énergie du site de Michelin à l’horizon 2024 devrait avoir des effets importants sur ce courant.

De plus, les cimenteries réfléchissent aussi à changer leur mode de fonctionnement. « Tout ceci va dans les orientations nationales vers la transition écologique. Pour notre part, nous n’avons pas une vision précise de l’avenir. Les industriels mènent des réflexions sur leur source d’énergie de demain. »

Les ferrailles progressent de 49,5%

Si le port des bords de la Gironde accuse un repli général, des éléments satisfaisants ont émaillé l’année. Ainsi, outre les céréales et les oléagineux, le port a vu ses trafics de ferraille partir à la hausse. Avec 82 957 t traitées en 2020, les ferrailles ont gagné 49,5%. L’installation d’un broyeur par la société Derichebourg il y a quelques années et l’entrée en service d’un second outil récemment, ont dynamisé cette filière.

Conteneurs: une hausse de 28%

Autre élément encourageant pour le GPM de Bordeaux, la bonne tenue des trafics conteneurisés. Ils enregistrent une progression de 28,6% à 22 137 EVP. « Le trafic conteneurisé import a bien fonctionné cette année avec une progression de 28% », nous a confié Jean-Frédéric Laurent. Quant aux trafics de boîtes pleines, elles restent stables tant à l’import qu’à l’export. Les bons chiffres des importations et des trafics de décembre (+37% sur le dernier mois de l’année) ont permis de compenser la baisse de 60% des conteneurs vides.

Attirer les maisons de négoce de vins

Pour la direction du port, l’effet Covid 19 a fonctionné à plein régime. Le ralentissement économique en Chine et en Amérique du nord a pesé sur les trafics conteneurisés du port. Aujourd’hui le port travaille activement pour attirer sur ses quais son hinterland naturel qui regroupe aussi les principales maisons de négoce en vins. « Ces chargeurs souhaitent disposer de normes de sécurité et de sûreté importantes. Nous y travaillons mais nous avons aussi besoin d’une offre un peu plus élargie pour satisfaire leurs besoins. »

Réaménagement du terminal de Bassens

C’est dans cette stratégie de long terme que le GPM de Bordeaux se lance désormais. Il a démarré des travaux de réfection des terre-pleins sur le site de Bassens, principal terminal à conteneurs du port. Le port augmente la surface de stockage des conteneurs mais aussi l’agrandissement des quais. Il est prévu à terme de pouvoir recevoir deux navires feeders simultanément. Par ailleurs, tout le dispositif de sécurité et de sûreté du port est en réaménagement. Des travaux qui pourront répondre aux attentes des maisons de négoce de vins.

Le retour des reefers

De plus, le port souhaite « voir revenir des trafics de produits sous température dirigée », nous a avoué Jean-Frédéric Laurent. La construction d’un poste de contrôle et de frontière est actuellement en cours. Il devrait regrouper un laboratoire pour permettre d’effectuer les contrôles vétérinaires et phytosanitaires des produits reefers entrants. Ces différents travaux sur le site de Bassens devraient donner un nouvel élan au trafic conteneur de Bordeaux. « Nous pourrons traiter entre 90 000 EVP à 100 000 EVP. »

Le Verdon: à venir ultérieurement

Autre site destiné à accueillir les trafics conteneurisés, le terminal du Verdon reste toujours dans sa situation actuelle. « Nous ne disposons pas de projets structurants pour ce site. Nous avons pris l’option d’aménager les sites de Bassens et d’Ambés dans un premier temps. Ensuite, nous nous attacherons au développement du terminal du Verdon. Cependant, nous le maintenons en activité. Il sert pour des escales occasionnelles », indique le président du directoire.

Manutention: en phase de réorganisation

Cette stratégie se décline aussi sur la manutention. En 2018, le GPM a repris la manutention verticale dans le port en raison de la défection du précédent manutentionnaire. « Nous devons d’abord penser à l’organisation et l’aménagement des quais. La reprise de cette activité s’est faite pour trouver une solution pérenne et ne pas arrêter une activité. Notre ambition est avant tout de réaménager, de disposer des outils nécessaires en achetant de nouvelles grues et de faire revenir les clients. Ensuite, nous pourrons envisager de rendre au privé cette activité », nous a indiqué Jean-Frédéric Laurent.