Nigéria : l’Autorité portuaire nationale dévoile ses ambitions pour faire du Nigéria le pays portuaire d’Afrique de l’Ouest

Dans un séminaire de l’autorité portuaire nationale du Nigéria, le directeur général, Mohammed Bello-Koko, a présenté les ambitions du Nigéria. Il se donne pour objectif de faire du Nigéria le hub maritime de l’Afrique de l’Ouest.

Pays le plus peuplé de l’Afrique de l’Ouest, le Nigéria dispose avec ses ports d’un potentiel de croissance. Les projets portuaires du pays doivent encore porter le pays sur le devant de la scène portuaire internationale et régionale.

Devenir un hub pour l’Afrique de l’Ouest

Dans un séminaire qui s’est achevé le 19 septembre, le directeur général de l’autorité portuaire nationale, Mohammed Bello-Koko, a présenté une feuille de route pour la nouvelle direction de l’administration nationale. « L’autorité portuaire doit accompagner le Nigéria à devenir un hub maritime dans la région au travers d’investissements dans des ports modernes qui attireront les navires de dernière génération. Cela apportera de nombreux bénéfices économiques, sociaux et dopera la performance économique de nos ports », a déclaré le directeur général lors du séminaire.

De nombreuses réalisations

Dans son allocution, le directeur général a rappelé que « beaucoup de choses ont été réalisées pour lever les contraintes dans les ports nigérians ces derniers mois. » Les ports du pays représentent 70% du trafic de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, a continué le directeur général. Ses frontières avec les pays sans littoral de la sous-région lui apportent des atouts. « Notre ambition de devenir le hub maritime de la région s’inscrit dans la stratégie de l’Autorité portuaire nationale d’être le hub maritime et logistique pour un éco-système durable en Afrique ».

Amélioration des temps d’attente

Les actions menées par l’autorité portuaire nationale a considérablement amélioré les temps d’attente des navires et des marchandises dans les ports. « Des indicateurs de performance ne sont pas encore atteint mais, ils ne dépendent pas uniquement de notre action. Ils doivent se réaliser par des actions conjuguées entre les différentes agences portuaires. Nous menons tous les efforts pour lever ces contraintes qui sont confrontées à des périmètres entre les ministères de tutelle. »

Le vieillissement de certaines infrastructures

Le directeur général a aussi souligné le vieillissement de certaines infrastructures portuaires. Des murs et des tabliers de quai dans les ports de Tin Can, Onne, Delta et Calabar s’effondrent. Des investissements importants sont à prévoir pour les rénover. Cependant, la pression exercée par le Fond de consolidation des revenus (Consolidation Revenue Fund) de remonter plus de dividendes à l’État fédéral rend la tâche difficile. « Il est devenu difficile de dégager des enveloppes pour ces travaux. Nous devons explorer des sources alternatives de financement pour disposer des sommes nécessaires », a continué Mohammed Bello-Koko.

Le dragage relève de l’Autorité portuaire

La difficulté de trouver des fonds pour la réfection des quais s’étend aussi au dragage des chenaux d’accès et des souilles. « Contrairement à nos voisins francophones dont les États prennent en charge le dragage, nous sommes responsables de ces travaux. Cela implique de consacrer des parts importantes de nos revenus, au détriment de certaines infrastructures. »

Valoriser le foncier portuaire

Parmi les solutions, le directeur général a rappelé que l’Autorité portuaire nationale dispose de nombreux terrains dans des zones franches de certains ports. Or, pour valoriser ce foncier et trouver des investisseurs, il est essentiel que ces zones soient reliées au réseau de transport terrestre. « Il faut que nous poussions le gouvernement fédéral à construire ces infrastructures pour que nous puissions augmenter nos revenus et les dividendes versés au gouvernement. »

La fin des embouteillages sur les routes d’accès

Parmi les efforts entrepris par les ports nigérians, le directeur général souhaite que soit donné aux ports du pays une orientation tournée vers les affaires. « Nous avons été capable de déployer une technologie pour faire disparaître les embouteillages routiers qui handicapaient le développement du business dans le port de Lagos. Un logiciel, appelé « eto » qui restaurent un climat de confiance et ce malgré la volonté de certains de vouloir continuer à profiter du chaos. Ce système, continue le directeur général du port, permet aux chauffeurs routiers d’attendre dans un des 33 parkings créés et d’attendre leur tour au lieu de patienter sur les routes d’accès. »

Le développement du réseau ferroviaire

Une autre solution pour améliorer le climat des affaires dans le port nigérians est de développer le réseau ferroviaire entre les ports, assure Mohammed Bello-Koko, et de développer le recours au transport fluvial. Enfin, l’ambition portuaire du Nigéria s’appuiera aussi sur les deux projets en cours que sont le nouveau port de Lekki et celui de la région de Bonny. Ils viendront compléter l’offre portuaire du pays.