Les ports européens marqués par l’impact de la crise sanitaire

Une étude publiée le 9 juillet par l’Emsa (agence européenne de sécurité maritime) montre les effets négatifs de la Covid 19 sur l’activité portuaire européenne.

Les économies mondiales demeurent largement dépendantes de la santé du transport maritime. Une évidence que certains gouvernements européens ont du mal à intégrer. Dans l’adversité de la crise sanitaire de la Covid 19, le trafic maritime a subi de lourdes conséquences.

L’impact de la Covid 19 sur l’activité portuaire peut désormais être mesuré. Les analystes disposent du recul nécessaire pour tirer les premières conclusions de la crise sanitaire. Après l’Amérique du sud, nous reprenons quelques éléments de l’Emsa sur l’impact de la covid 19 sur le monde portuaire européen.

Une baisse de 10% des escales dans les ports européens

Le premier constat de l’organisme européen montre une baisse de 10% du nombre d’escales dans les ports en 2020. Un chiffre qui s’est résorbé depuis puisqu’en juin 2021, le nombre d’escales des navires est en retrait de 0,2% comparativement au mois de juin 2019. Le nombre réduit de ces escales concerne principalement les navires de croisière, les navires à passagers et les navires pour les véhicules et les unités pour le transport de marchandises sous température dirigée. Il faut se tourner vers les navires mixte (Ro Ro et passagers) et les rouliers pour constater des hausses du nombre d’escales.

Des baisses dans les ports de croisière

Ces baisses des escales concernent surtout la Bulgarie, Chypre, la Finlande, la France, la Lithuanie, la Norvège, le Portugal et l’Espagne. Des pays dont les ports accueillent une grande partie des trafics de croisière mais aussi du trafic automobile. Or, en 2020, la filière automobile a connu une de ses pires crises de son histoire.

Navires sous pavillon UE: baisse du nombre de leurs escales

L’étude de l’Emsa analyse aussi l’impact de cette crise sanitaire pour les navires arborant un pavillon d’un des États membre. Ainsi, en 2020, les escales de navires sous pavillon d’un des pays de l’UE a baissé de 3,5%. Une baisse qui a surtout commencé en mars 2020 quand de nombreux pays ont décidé de confiner le pays.

Légère progression des escales des navires sous pavillon UE au premier semestre 2021

Depuis lors, et à partir du second semestre 2020, le nombre d’escales de ces navires est revenu dans des chiffres proches de la normale. Les chiffres varient entre des baisses et des hausses minimes, indique le rapport de l’Emsa. Sur le premier semestre 2021, les chiffres affichent une légère progression de 0,2% par rapport à 2019. Les principales baisses des escales a surtout concerné les navires sous pavillon polonais, bulgare, belge et croate.

Liaisons avec la Chine: le retard n’est pas comblé

Outre les ports européens et les navires sous pavillon du continent, l’étude de l’Emsa analyse avec prévision le trafic entre l’UE et la Chine, d’une part, et l’UE et les États-Unis, d’autre part. Les échanges maritimes avec la Chine et les États-Unis ont enregistré une baisse d’activité en 2020. Sur le premier semestre 2021, les liaisons maritimes avec la Chine n’a toujours pas rattrapé son retard par rapport à 2019. Les liaisons transatlantiques ont pour leur part vu leur volume revenir à des niveaux d’avant la pandémie.

Croisière: seuls les équipages constituent les personnes à bord

Enfin, l’impact de la Covid 19 a surtout été marquée pour les navires passagers, et notamment la croisière. Dans son étude, l’Emsa note que le nombre de personnes à bord des navires de croisière n’a cessé de décroître depuis mars 2020. Seuls les équipages constituaient les personnes à bord pendant une grande période de la crise.

Déclinaison de l’impact Covid de la croisière dans les ports

L’impact de la crise sanitaire sur la croisière s’est décliné dans les ports. « Avec une crise sanitaire qui a continué pendant plusieurs mois, les ports ont connu un nombre important de navires à l’ancre dans leurs installations », indique le rapport de l’Emsa. Ce secteur de la croisière a été le plus touché dans l’industrie maritime, même si les autres filières n’ont pas été épargnées. Cependant, le maintien des échanges commerciaux entre les pays a « moins » affecté ces secteurs.