Vins et spiritueux : une baisse des volumes liée à la crise sanitaire et aux taxes américaines

Les exportations de vins et spiritueux en 2020 ont accusé un repli important. La crise sanitaire a joué un rôle mais aussi les taxes imposées par l’administration américaine. Un phénomène qui a eu des effets sur la logistique portuaire.

Dans le monde, le confinement n’a pas amené la population à se tourner « vers la bouteille ». La consommation a sensiblement reculé dans les différents pays. Ainsi, les exportations de vins et spiritueux français ont perdu 5,8% de leur volume en 2020 à 183,3 millions de caisses (une caisse équivaut à 12 bouteilles).

Crise sanitaire et taxe américaine

Dans son bilan annuel, la FEVS (Fédération des exportateurs de vins et spiritueux) indique plusieurs raisons à la baisse des exportations. Ce repli tient, d’une part, à la crise sanitaire. Le confinement a entraîné la fermeture de nombreux points de distribution comme les commerces de détail, les cafés, hôtels et restaurants dans de nombreux pays.

L’autre raison évoquée par la FEVS tient aux taxes américaines imposées dès le début 2020. En effet, l’administration de Donald Trump a décidé d’augmenter les taxes sur les vins et spiritueux français en réponse aux taxes imposées par la Commission européenne sur l’industrie aéronautique américaine.

Une intervention française et européenne

« C’est certainement aux États-Unis que la situation demeure la plus préoccupante et donc la plus urgente. C’est d’abord du niveau européen que doit venir la résolution de ce conflit : il est urgent que la Présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, règle directement et sans délai ce sujet avec le Président Joe Biden », a déclaré le Président de la FEVS, César Giron. « Mais le règlement urgent de ce conflit transatlantique n’exonère pas l’État français de ses responsabilités : nous serons reçus le 15 février par le Premier Ministre Jean Castex. Cette rencontre doit donner lieu à des décisions fortes en faveur des exportateurs. »

Les effets sur les ports

Une baisse des exportations de vins et spiritueux français a des effets directs sur les trafics portuaires. Dans une étude publiée par le Journal of Transport Geography de janvier 2021, David Guerrero et Jean-Claude Thill ont analysé les flux terrestres des vins et spiritueux en France. Il apparaît que le choix du port selon l’origine se réalise en fonction de plusieurs critères.

Ports vins et spiritueux exportations
Infographie publiée sur Linkedin par David Guerrero.

Le choix du port dépend du type de chargeurs

Les deux auteurs expliquent que le choix du port dépend en partie du type de chargeurs. « Les chargeurs avec peu de volumes vont faire leur choix selon le paramètre coût. Les chargeurs plus importants vont s’attacher à d’autres facteurs comme la fréquence des lignes maritimes et les lignes directes. Une des explications de cette attitude des chargeurs plus importants est qu’ils ont un poids plus important sur les compagnies maritimes, ils sont donc plus sensibles aux facteurs qui peuvent favoriser l’une ou l’autre des compagnies », indique le texte.

GPM Le Havre, premier port d’exportation

Alors, en attachant une importance à la connectivité du port, sa réputation ou encore ses connections avec l’hinterland, il ressort de cette étude que le GPM du Havre demeure encore le plus important exportateur des vins et spiritueux français. Prenons un exemple. Les exportations de Cognac sont dirigées majoritairement vers Le Havre. Une part plus faible part vers Anvers. Dans le même temps, les vins de Bordeaux livrent une partie de leurs expéditions sur les quais d’Anvers.

Anvers prend une part de marché

Ainsi, il ressort du graphique réalisé par les deux auteurs de l’étude que les flux des vins et spiritueux français partent vers Le Havre mais aussi Anvers. Le port d’outre Quiévrain pèse plus lourd que le GPM de Marseille-Fos surtout par son poids dans les exportations de la production champenoise. En France, les vins sont autant expédiés par Fos que par Rotterdam. Le slogan « import, export, je passe par mon port » prends ici toute sa dimension.

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