Céréales : une campagne 2025/2026 aux accents positifs
La campagne céréalière 2025/2026 s’achève sur une note positive pour les deux principaux ports français, Haropa Port Rouen et le GPM de La Rochelle.
À fin mai, la campagne céréalière affiche des prévisions encourageantes. Les chiffres publiés sur le site de France AgriMer annoncent un trafic de 25,4 Mt embarqués dans les différents ports français. Cependant, ces volumes se comparent à une campagne 2024/2025 catastrophique.
Haropa Port a traité 8,4 Mt sur la campagne céréalière
La hausse des exportations de céréales se répercute dans les deux principaux pôles céréaliers français. Le site de Rouen de Haropa Port et le GPM de La Rochelle enregistrent des trafics en progression. Ainsi, les ports de l’axe Seine confirment le dynamisme de la campagne céréalière avec un volume de 8,4 Mt. « Cela représente une progression de + 61 % en comparaison avec la précédente campagne qui avait totalisé 5,2 Mt », souligne un communiqué d’Haropa Port. Outre la bonne progression d’une année sur l’autre, les opérateurs rouennais réussissent à dépasser la moyenne décennale. En effet, celle-ci s’établie à 7,4 Mt.
Maroc, Chine et Côte d’Ivoire
Cette performance consacre une nouvelle fois le poids du Maghreb et de l’Afrique de. L’Ouest. Ainsi, le Maroc remporte la première place des destinations. Le royaume chérifien a reçu 2,6 Mt depuis Rouen. En deuxième place se situe la Chine avec 578 000 t. Enfin, la Côte d’Ivoire ferme le podium avec un trafic de 520 000 t. Le classement par région met à l’honneur le Maghreb qui totalise 3,4 Mt. Les pays de l’Union européenne entrent sur la seconde marche du podium avec 1,5 Mt. L’Afrique de l’Ouest se place en troisième position avec 1,3 Mt.
Un atout pour l’économie française
Pour Kris Danaradjou, directeur général adjoint de Haropa Port, « cette performance est portée à la fois par les agriculteurs de notre hinterland et l’ensemble des acteurs logistiques. Ces exportations constituent un atout majeur pour l’économie française ». Alors, Rouen a su garder sa place avec 50% des exportations françaises de céréales. Et pour les responsables rouennais, « la guerre au Moyen-Orient n’a pas eu d’impacts significatifs sur les exportations. »
Le Maroc, principale destination
La répartition des expéditions se fait à hauteur de 5,6 Mt pour le blé meunier et fourrager. Les orges totalisent 2,6 Mt. Un volume qui place cette campagne à la troisième meilleure campagne jamais réalisée. La qualité et la compétitivité ont tiré les exportations à la hausse. De plus, à ces expéditions s’ajoutent 0,6 Mt d’exportations de graines oléo protéagineuses et de malt.
Sica Atlantique : 2,1 Mt pour la campagne
Le GPM de La Rochelle s’inscrit dans la même ambiance. Selon les premières données publiées lors de la Bourse maritime le 19 juin, la campagne céréalière se termine avec environ 3,7 Mt. Comparativement à la précédente campagne, ce sont 1 Mt supplémentaires traitées par le port charentais. Il a bénéficié d’une récolte de blé tendre et d’orges à des niveaux proches de la normale, précise Vincent Poudevigne, directeur général de Sica Atlantique. Au total, l’opérateur portuaire a réalisé un trafic de 2,1 Mt. En outre, la campagne passée a vu le retour des exportations de maïs par le GPM de La Rochelle. Cependant, la récolte 2026 compliquée en raison de la sécheresse, la géopolitique et les contraintes règlementaires inquiètent le responsable.
La Socomac a traité 1,6 MT
Pour la Socomac, filiale de Soufflet Négoce by Invivo, la campagne s’achève sur un volume de 1,6 Mt. Il s’agit d’une progression de 300 000 t par rapport à l’année passée, soit une progression de 23% d’une campagne à l’autre. Le blé tendre demeure en première place avec 750 000 t. Les orges fourragères représentent 400 000 t, le maïs entre à hauteur de 280 000 t et les orges de brasserie à 110 000 t. La Socomac a exporté 45% de ses volumes vers les pays européens comme le Royaume-Uni. Les 55% restants ont pris la direction du Maroc, de la Chine et de la Côte d’Ivoire. La filiale de Négoce Soufflet par Invivo note que les pré acheminements se réalisent à 30% par voie ferroviaire sur la campagne.
L’alimentation animale s’affirme
Quant à l’alimentation animale, elle affiche une bonne santé. Le GPM de La Rochelle a traité 145 000 t. Pour la société EVA, filiale de Maritim Kuhn et de Sica Atlantique, il a fallu mobiliser des zones de stockage supplémentaires pour répondre à la demande. Pour l’opérateur portuaire, ces chiffres confirment la consolidation de la place rochelaise dans cette filière. « Cette évolution, portée par un travail conséquent réalisé sur les solutions logistiques mises en place, permet à EVA de figurer aujourd’hui comme un opérateur reconnu et de référence sur ce marché », souligne Le directeur des pôles soldes du groupe Sica Atlantique, Sébastien Hamon. Et il espère que la récolte précoce 2026 confirmera cette tendance.

