Ports

Italie : l’économie portuaire pèse 510,8 Mt en 2025

Assoporti et SRM publient le rapport sur le poids de l’économie portuaire en Italie. Avec 510,8 Mt, la Péninsule apennine enregistre une progression de son trafic de 3,5%.

L’Italie tire profit de sa position géographique au cœur de la Méditerranée. Depuis Gênes, au Nord-Ouest, jusqu’à Bari, dans le Sud-Est du pays, en passant par la Sardaigne, la cinquantaine de ports italiens s’imposent dans l’économie nationale.

Un trafic de 510,8 Mt

L’étude annuelle sur le poids des ports en Italie est réalisée conjointement par Studi e Ricerche per il Mezzogiorno (SRM, centre d’études et de recherches du groupe Intesa Sanpaolo) et Assoporti, association des ports italiens. Le bilan de ce document met en lumière le poids du portuaire en Italie. Avec 510,8 Mt, le pays s’impose parmi les premiers pays européens de ce secteur.

Une hausse réelle de 1,2%

Le trafic total des ports italiens s’ancre dans une progression au cours des dernières années. En 2025, les auteurs de l’étude estiment cette augmentation à 3,1%. Or, à périmètre constant, la hausse reste plus modeste. Elle est de 1,2%. En effet, en 2025, les deux ports de Siracuse et Gaeta viennent abonder le bilan. Ils représentent, ensemble, 24,2 Mt.

Seize ports à plus de 10 Mt

La particularité italienne tient à sa multitude de ports. L’étude analyse les trafics de 52 ports, soit presque le double du nombre français. L’autre élément qui détone par rapport aux concurrents européens est de ne pas avoir un port qui surpasse de plusieurs longueurs les autres. Le premier port italien, Trieste, affiche un trafic de 59,9 Mt. Au global ils sont 16 ports à dépasser les 10 Mt. Cette multiplicité de ports de plus de 10 Mt est propre à ce pays. Qu’il s’agisse de la France, de l’Espagne ou de la Grande-Bretagne, l’économie portuaire repose sur deux ou trois ports principaux. Ainsi, en France, sur les 21 ports hexagonaux, cinq dépassent les 10 Mt (Haropa Port, Marseille-Fos, Dunkerque, Boulogne Calais et Nantes Saint-Nazaire). En Espagne, ils sont trois, Algésiras, Valence et Barcelone à entrer dans cette catégorie.

Les liquides représentent la majorité des vracs

Le trafic des ports italiens donne une prépondérance aux marchandises diverses. En effet, entre les conteneurs, le roulier et les marchandises conventionnelles, exprimés en tonnes, ils pèsent 53% du trafic global. Les vracs emportent les 47% restants. Dans cette dernière catégorie, les vracs liquides représentent la majorité des trafics avec 36,5% des flux. Et l’étude souligne qu’il s’agit, à hauteur de 98%, de pétrole brut et de produits raffinés. À l’heure de la transition énergétique européenne, il ne semble pas que les ports italiens entrent dans cette phase.

Les diverses dominent le paysage portuaire

Quant aux vracs solides, ils totalisent 53 Mt, soit 10% du volume global. Ils se composent de minerais, de ciment, de produits métallurgiques et de céréales. Le pays réalise 60% de ses flux de vracs secs dans cinq ports : Ravenne, Venise, Tarente, Monfalcone et Bari. Enfin, les marchandises diverses se répartissent principalement entre les conteneurs, qui pèsent 131,8 Mt, et le roulier, 122,1 Mt. Le trafic conteneur affiche la plus forte progression sur les deux dernières années. Quant au roulier, il assure une stabilité.

Trieste en première place

Alors, en Italie, le premier port est celui de Trieste. Il totalise 59,9 Mt. En 2025, le port du nord de l’Adriatique a progressé de 0,7%. La majorité de son trafic, soit 43,05 Mt, se compose de vracs liquides. L’analyse montre que ce port se place en quatrième position des ports européens pour ce courant. Il vient après Rotterdam, Anvers-Bruges et Marseille-Fos. Le port de Trieste joue un rôle prépondérant dans l’approvisionnement en vracs liquides de l’Europe du centre et de l’est.

Gioia Tauro et Gênes ferment sur le podium

En deuxième place se retrouve Gioia Tauro. Le port calabrais réalise 98% de ses volumes sur les conteneurs. Il est devenu un hub méditerranéen dès les années 90. Aujourd’hui géré par le groupe MSC, ce port joue un rôle essentiel dans la logistique conteneurs de la Méditerranée. La troisième marche du podium revient à Gênes. Le port ligurien totalise 46,6 Mt en 2025. Il accuse un repli en 2025 de 1,7%. La particularité de Gênes est d’avoir une répartition de ses flux plus équilibrés entre les vracs liquides, solides et les marchandises diverses.

Un volume de 12,8 MEVP en 2025

Le trafic conteneur totalise 12,8 MEVP en 2025. Un courant qui affiche une progression de 9,1% d’une année sur l’autre. Le pays dispose de trois ports avec plus d’un million d’EVP. À eux seuls, ils pèsent 75% du trafic conteneurisé du pays. Ils se situent sur la côte occidentale du pays. Les ports de l’Est du pays réalisent des volumes plus modestes. Ainsi, les velléités d’armements comme Evergreen de vouloir faire de Trieste et de Ravenne des hubs n’a pas fonctionné. Une grande partie du trafic s’est tourné vers l’Ouest.

Conteneurs : Gioia Tauro domine le marché

En pole position se retrouve Gioia Tauro. Le port calabrais totalise 4,49 MEVP en 2025. À titre de comparaison, Gioia Tauro réalise seul le volume conteneur de l’ensemble des ports français. Il gagne 14% par rapport à l’année précédente. Géré par MSC depuis 2019, il est devenu central dans la logistique de l’armement en Méditerranée. La deuxième place revient au port de Gênes. Le port de Ligurie affiche un trafic de 2,4 MEVP, en retrait de 1,6% en 2025. Enfin, en troisième place se retrouve La Spezia, port ligurien, avec 1,2 MEVP. Il rétrograde de 1,7%. Ainsi, les grands ports de Ligurie ont souffert en 2025. Seul Vado Ligure, enregistre une progression de 59% à 590 350 EVP.