Pétrole : les flux baissent mais une reprise du trafic dans le détroit d’Ormuz se fait sentir
Les flux de pétrole brut enregistrent depuis le début d’année une baisse de volume. Selon Kpler, le trafic reprend dans le détroit d’Ormuz malgré les menaces des États-Unis et de l’Iran.
Sur les neuf premiers mois de l’année, les trafics de pétrole brut accusent un repli de 6,1% à 1 547,6 Mt. Des chiffres publiés par le courtier de fret Banchero Costa qui reflètent la situation internationale.
Baisse de 29,4% des flux depuis le golfe Persique
Ainsi, sur cette période, les exportations depuis le golfe Persique affichent une diminution de 29,1% à 464,5 Mt. Cette région entre comme le principal lieu de production et d’exportation mondial. Elle pèse encore 30% des flux. Néanmoins, elle voit sa part diminuer depuis le début du conflit entre les États-Unis et l’Iran. En effet, en 2025, le golfe Persique a exporté 39,8% du pétrole brut mondial.
Russie, Amérique du Sud et États-Unis progressent
Cette baisse de trafic du golfe Persique permet aux autres régions exportatrices d’augmenter ses flux. Ainsi, la Russie gagne 8,3% à 187,1 Mt. Elle entre désormais à hauteur de 12,1% des flux mondiaux. Des chiffres qui intègrent les exportations depuis le Kazakhstan. Ensuite, l’Amérique du Sud gagne voit aussi ses exportations croître. Avec 212,3 Mt, le continent sud-américain enregistre une hausse de 33,1% de ses exportations. Les États-Unis profitent aussi de la redistribution des flux. Ainsi, sur les neuf premiers mois, le pays de l’oncle Sam exporte 150,5 Mt, soit 10,5% de plus que l’année dernière.
L’Afrique de l’Ouest voit ses exportations baisser
Quant à l’Afrique de l’Ouest, elle voit ses exportations de pétrole brut baisser. La région enregistre un recul de 10,2% à 118,7 Mt. Les pays producteurs de cette région n’ont pas pu suppléer aux baisses du pétrole en sortie du golfe Persique. Quant aux pays de l’Asean (Association des pays du sud-est asiatiques), ils se placent en dernière position avec 86,2 Mt, en progression de 8,3%. Ces pays et régions représentent, sur les neuf mois de l’année, 79% des volumes de pétrole brut. Le solde est à mettre au crédit des pays d’Afrique du Nord (Algérie, Lybie, notamment) et de pays européens comme la Norvège.
Une demande en baisse
Du côté de la demande, la courbe affiche la même tendance que les exportations. Avec 1 549,2 Mt, les importations de pétrole brut reculent de 5,4% sur les trois trimestres. La Chine demeure le premier acheteur avec 291,8 Mt. Elle représente 18,8% des importations de pétrole brut dans le monde. Cependant, ses entrées de pétrole se réduisent de 20,7% sur la période. L’Union européenne voit ses importations de brut augmenter. Elle a réceptionné 350,9 Mt, soit une progression de 1,3%. Les importations de pétrole des pays de l’Asean baissent de 8% à 198,7 Mt. Celles de la Corée du Sud se contractent de 10,7% à 92 Mt.
L’effet des conflits
Des chiffres qui reflètent la situation géopolitique internationale. Le conflit entre les États-Unis et l’Iran, avec pour corollaire le blocage temporaire du détroit d’Ormuz, et celui entre la Russie et l’Ukraine, impactent les flux. Les économies mondiales demeurent encore largement dépendantes de l’or noir. Le blocage du détroit d’Ormuz a eu pour conséquence la hausse du prix du brut en raison de sa raréfaction. Les menaces de reprise des hostilités, après les élections de mi-mandat aux États-Unis, pourraient entraîner une hausse du prix du baril.
Maintien du trafic dans le détroit d’Ormuz
De son côté, Kpler, organisme d’analyse des flux, constate que « le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz et à Bab el-Mandeb se maintient malgré des tensions géopolitiques persistantes et des menaces pour la sécurité. » Ainsi, dans la dernière semaine d’octobre, le nombre de transits par le détroit d’Ormuz s’élève à 130. Un chiffre en hausse de 8,3% par rapport à la semaine précédente. Une augmentation malgré les attaques persistantes. « La visibilité sur les itinéraires reste faible, 67,7 % des traversées étant classées comme « itinéraire indéterminé » et aucune traversée n’empruntant le TSS d’Ormuz », continue Kpler.
Le détroit de Bab el Mandeb reste stable
Parallèlement, le trafic à Bab el-Mandeb est resté globalement stable à 262 traversées. Le respect du système du trafic a augmenté à 92,7 % et les transits « fantômes » ont diminué. Ces données suggèrent que les opérateurs continuent d’emprunter ces routes et de gérer les risques plutôt que de les éviter. Néanmoins, ces chiffres restent préliminaires. En effet, d’autres traversées non déclarées pourraient être identifiées a posteriori. Ces chiffres ne doivent pas cacher la réalité. Alors, « l’impasse des négociations entre les États-Unis et l’Iran, l’application des sanctions et la persistance des menaces Houthis exposent les flux maritimes mondiaux à de nouvelles perturbations. »

