Lauritzen sépare le gaz du vrac sec

Le 1er juillet, l’armement Lauritzen a scindé ses activités en deux entités, Lauritzen Kosan et Lauritzen Bulkers. Une opération qui intervient après une année difficile.

La décision de définir une nouvelle structure intervient généralement avant la cession de l’une. La décision de Lauritzen est intervenue le 1er juillet. “À ce jour, il n’existe pas d’intention de vendre l’une ou l’autre”, nous a confié Thomas Woidemann.

Chaque compagnie refinancée

« Cette opération nous donnera une meilleure flexibilité pour chacune des sociétés de développer ses opérations », indique le communiqué de la compagnie. Dans ce nouveau contexte, Lauritzen a séparé ses opérations dans le vrac sec et le gaz. Les vraquiers sont désormais intégrés dans Lauritzen Bulker. Les méthaniers font partie de Lauritzen Kosan.
Chacune des deux sociétés a été recapitalisée. Le groupe a fait appel à des financements à long terme auprès des banques locales.

Une holding J.Lauritzen A/S

L’armement sera désormais dirigé par une holding, J. Lauritzen A/S. Une structure qui sera gérée par Dorte Rolf, nommé directeur général. Lauritzen Kosan sera, pour sa part, dirigée par Thomas Woidemann. Lauritzen Bulkers aura pour dirigeant Niels Josefsen. Chacun de ces dirigeants reportera au conseil de direction de la holding. Le précédent président de J. Lauritzen, Mads P. Zacho quitte la société.

Une opération de 20M$

Dans son rapport annuel pour 2019 le groupe annonce que l’actionnaire unique du groupe, Lauritzen Fonden a augmenté le capital de 20M$. Cet apport, financé par des banques, s’est réalisé par une augmentation du nombre d’actions du capital. Pour l’ancien président de J. Lauritzen, cette étape reste une réussite. « Nous avons refinancé le groupe pendant la crise sanitaire. Cela montre notre résilience et nous bonnes relations avec nos banques ». Acteur majeur de cette refonte, Mads P. Zacho rappelle que cette scission a été prévue dès 2019.

Les résultats financiers 2019 en baisse

Cette opération juridique intervient après une année 2019 difficile. Dans son rapport annuel, le groupe affiche une baisse de 11,1% de son chiffre d’affaires à 502,3 M$. L’Ebitda s’améliore nettement passant d’un résultat négatif de 6,2 M$ à un Ebitda positif à 59,1 M$. L’Ebit n’a pas suivi la tendance. Il reste négatif et plonge un peu plus. Il passe de -9,9 M$ à -75,2M$. « Nous avons connu une année 2019 déconcertante », indique le rapport de l’armement.

La volatilité des taux de fret des vracs secs

Au cours de l’année passée, les activités liées aux vracs secs ont souffert de la volatilité des taux de fret. Le groupe a aussi réduit sa flotte en gestion. Avec 8 navires de moins, à 70 unités, pour une flotte de 25 725 tpl, soit une baisse de 10%. Une raison qui explique la baisse de revenus. En 2019, le groupe a déjà entamé sa mue vers une plus grande flexibilité. Il a cédé 7 handysizes. Il a aussi mis un terme à des chartes de longue durée pour préférer des termes plus courts, de 0 à quatre mois.

Hausse de la flotte et de la demande

Si le contexte propre au groupe a été difficile, il n’en demeure pas moins que le marché global des vracs secs a progressé en 2019. Les principaux vracs secs (céréales, engrais, charbon, bois, …) ont connu une progression de 1%. Les « petits vracs » ont pour leur part augmenter de 2%.
Lauritzen transporte surtout des produits agricoles, des matériaux de construction et des produits énergétiques, comme le charbon. Une croissance de la demande contrecarrée par la progression de la flotte mondiale. En 2019, elle a augmenté de 4%. Des augmentations de flotte qui ont touché vivement les deux secteurs de prédilection de Lauritzen, les Handysizes et Supramax.

Profiter des sorties de LPG des États-Unis

Du côté de Lauritzen Kosan, spécialisé dans le gaz, le groupe transporte principalement de l’éthylène et du propylène. Lauritzen estime que le marché a été plus difficile qu’attendu en 2019. « Des évènements ont entraver le développement du marché », indique le rapport annuel. Néanmoins, la demande pour exporter du LPG en sortie des États-Unis a permis de redresser le marché des petits navires citernes.
La flotte a augmenté de 1,4%. Une croissance qui se tasse. Les taux de fret journalier sont restés stables tant à l’est qu’à l’ouest de Suez. Les navires semi-réfrigérés de 6500 m3 ont connu un bon premier trimestre avant une baisse continue jusqu’à la fin de l’année. Quant aux transporteurs d’éthylène, ils ont souffert du retour sur le marché d’un des principal concurrent. Il avait mis à l’ancre une grande partie de sa flotte. Le retour en force a réduit les capacités du marché à se redresser.

L’impact de la Covid 19 difficile à mesurer

En séparant ses activités, Lauritzen peut désormais se concentrer sur chacun de ses marchés. Le groupe espère que 2020 sera meilleur. Des prévisions qui prennent en compte les événements intervenus depuis le mois de mars et la généralisation de la Covid 19 sur la planète. « Il est encore difficile de jauger les effets de la pandémie sur les différents marchés maritimes. L’impact sur nos résultats est difficile à quantifier », indique le groupe danois dans son rapport annuel de 2019. Dans le monde du vrac sec, la progression de la demande et la réduction d’arrivée des navires devrait jouer à plein. Un meilleur équilibre entre l’offre et la demande redressera les taux de fret.
Dans le monde du gaz, les choses pourraient continuer sur la même tendance que 2019. Lauritzen estime que les exportations nord-américaines de LPG pourraient permettre aux navires de moins de 15 000 m3 de profiter de cette manne. Des développements dans l’industrie pétrochimique sont attendues. Elles permettraient de dynamiser le marché des petites unités, « à condition que l’offre s’inscrive dans une tendance de baisse ».

Lauritzen : une fondation pour actionnaire unique
Le groupe Lauritzen est détenu à 100% par une fondation, Lauritzen Fonden. Elle est une fondation commerciale au sens de la loi danoise. Lauritzen Fonden est en charge de la promotion et du développement du maritime au Danemark. Elle participe aussi à la formation, la culture et le social dans le maritime. Outre ses parts dans Lauritzen, la Fondation détient 43% des parts de DFDS.
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